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Le tribunal judicaire de Paris, dans le 17e arrondissement, en juillet 2023.

Son absence ne fera pas autant de bruit qu’en 2023. Bastien Vivès n’assistera pas au 51Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, du 25 au 28 janvier. L’avocat du dessinateur, Richard Malka, estime que son client est devenu un « pestiféré ». En décembre 2022, les organisateurs du festival avaient déprogrammé sa « carte blanche » après une vive polémique relayée sur les réseaux sociaux. Ses détracteurs lui reprochaient la parution, passée, de trois ouvrages qu’ils jugeaient « pédopornographiques » : Les Melons de la colère (Les Requins marteaux, 2011) ; La Décharge mentale (Les Requins marteaux, 2018) ; Petit Paul (Glénat, 2018).

Lire le portrait : Article réservé à nos abonnés Bastien Vivès, les ambivalences d’un surdoué de la BD

D’anciens propos du dessinateur sur Internet faisant, selon eux, l’apologie de l’inceste et de la pédocriminalité étaient également ressortis. Deux associations avaient porté plainte contre lui et ses maisons d’édition pour « diffusion d’images pédopornographiques ». Début janvier 2023, une enquête préliminaire était ouverte par le parquet de Nanterre. Bastien Vivès a été entendu par les policiers, fin 2023, ainsi que les responsables éditoriaux de Glénat et des Requins marteaux. La procédure « est actuellement à l’étude », se contente d’indiquer le parquet de Nanterre.

Un an plus tard, l’auteur a rendez-vous avec la justice, lundi 29 janvier, dans un autre volet du « Vivèsgate ». L’audience prévue devant la 30e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris verra défiler cinq prévenus, poursuivis pour avoir publié, fin 2022, des insultes et des menaces de mort. Loin de tout débat, des internautes cachés derrière des pseudonymes s’étaient alors laissés aller à des mots obscènes et à des propos menaçants. Les profils et les auditions des trois hommes et deux femmes poursuivis, dont Le Monde a pu prendre connaissance, esquissent la banalité de cette haine en ligne.

« J’avais la haine envers ce type »

Lorsque les policiers ont débarqué chez ses parents, au matin du 6 juin 2023 dans une petite ville du Bas-Rhin, Léo K. n’a pas compris. Ce serveur de 25 ans ne se souvenait même plus du message privé qu’il avait envoyé sur Instagram, six mois plus tôt, à Bastien Vivès : une photo de douilles de kalachnikov avec trois mots : « Cure for pedophilia » (« traitement pour la pédophilie »). A l’époque, Léo K. vient tout juste de lire un thread – une suite de messages – dénonçant certaines BD de Bastien Vivès. Il en est alors tout de suite convaincu : le dessinateur est un « pédophile ». « Juste son art suffit pour le dire », explique-t-il aux enquêteurs, tout en avouant n’avoir jamais ouvert les ouvrages incriminés.

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