Meilleures Actions
Histoires Web samedi, mars 2
Bulletin

Les traileurs ne sont pas surhumains, qu’on se le dise ! Pour venir à bout des courses interminables aux enivrants dénivelés qu’ils s’infligent, améliorer les performances et alléger inflammations, douleurs et/ou fatigue, ils recourent massivement à des substances autorisées ou non par l’agence mondiale antidopage (AMA).

Telle est la conclusion de l’étude scientifique intitulée « Prévalence de l’usage de médicaments chez les athlètes d’ultra-endurance » qui a examiné la prise médicamenteuse chez les adeptes de ces épreuves de masse extrêmes, en réalisant la toute première collecte dissimulée d’échantillons d’urine individuels en compétition, au départ de quatre des épreuves de l’édition 2017 du mondialement renommé Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB), né à Chamonix (Haute-Savoie) il y a vingt ans, et qui rassemble chaque année des milliers de concurrents.

Selon les résultats, publiés ce jeudi 18 janvier par la revue américaine Medicine & Science in Sports & Exercise, 49,8 % des 412 échantillons individuels d’urine analysés, soit près d’un sur deux, contenaient au moins une substance médicamenteuse. Et 16,3 % d’entre eux – soit un sur six – contenaient une ou plusieurs substances figurant sur la liste des produits interdits par l’AMA à l’époque, donc passible d’une sanction en cas de contrôle antidopage.

Respect de l’anonymat

L’ensemble des prélèvements a été réalisé furtivement mais dans le respect de l’anonymat des participants, au départ de la course Orsières-Champex-Chamonix (55 km et 3 500 m de dénivelé positif), de la Courmayeur-Champex-Chamonix (101 km et 6 100 m de dénivelé positif), de Sur les traces des ducs de Savoie (119 km et 7 250 m de dénivelé positif) et de l’UTMB (170 km et 10 000 m de dénivelé positif).

Lire le reportage : Article réservé à nos abonnés Ultra-Trail du Mont-Blanc : de l’épuisement à l’ivresse, « c’est ça, l’Ultra, ce sont les montagnes russes »

Coordonnée par l’Ecole nationale de ski et d’alpinisme (ENSA), en partenariat avec les organisateurs de l’UTMB, l’université Grenoble Alpes, le laboratoire antidopage français, à Orsay (Essonne), et son homologue italien, à Rome, ainsi que les universités de Lyon 1, de Rome et de Lausanne (Suisse) et les hôpitaux de Chambéry, Genève (Suisse) et Aoste (Italie), cette étude a été réalisée avec le consentement implicite des concurrents.

Leur formulaire d’inscription les engage, en effet, à « accepter des prélèvements urinaires, sanguins, capillaires et/ou salivaires et analyses associées demandés par la Commission médicale de l’organisation », ainsi qu’à accepter l’utilisation anonyme de ces données « à des fins de recherche ».

Six urinoirs équipés de capteurs

Il vous reste 70% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
© 2024 Mahalsa France. Tous droits réservés.