
Renforcer l’éclairage, généraliser les arrêts à la demande, déployer des dispositifs de signalement : l’Etat et les acteurs du secteur des transports ont signé, lundi 30 mars, une charte commune prévoyant des mesures pour renforcer la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.
Partout en France, les femmes qui prennent les transports en commun « anticipent, contournent, s’adaptent », a décrit Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, à l’occasion de la signature, organisée à la gare du Nord, à Paris. « Notre responsabilité collective est claire : faire des transports (…) un espace où les femmes peuvent circuler librement, pleinement, sans peur. »
La charte, qui rassemble pour la première fois l’Etat, les collectivités, les opérateurs et le monde associatif, vise à harmoniser des actions jusqu’ici « conduites de façon parfois hétérogène », selon le ministère des transports. Ces mesures doivent permettre de « mieux détecter les situations à risque, améliorer la prise en charge des victimes, garantir que chaque signalement trouve une réponse concrète », précise un communiqué.
Faisant suite à l’annonce, en décembre 2025, par le gouvernement d’un plan national de lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans les transports, cette charte prévoit d’abord de mieux qualifier et quantifier les violences afin d’en mesurer l’ampleur et d’identifier les zones d’insécurité grâce à des marches exploratoires.
Des équipes de médiation déployées
Elle entend aussi développer des solutions opérationnelles, parmi lesquelles la descente à la demande, le renforcement des dispositifs de signalement – notamment le numéro 31-17, dévolu aux agressions ou situations de harcèlement sur le réseau francilien – ou encore le déploiement d’équipes de médiation et de sûreté. Enfin, elle ambitionne de renforcer la formation et la sensibilisation des personnels.
En 2024, 3 374 victimes de violences sexuelles dans les transports en commun ont été enregistrées en France par les services de police et de gendarmerie nationales, soit 6 % de plus qu’en 2023, et 86 % de plus qu’en 2016, selon une étude de l’Observatoire de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof).
Les femmes restent les principales cibles. Elles représentent 91 % des victimes, selon l’enquête du service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) citée par l’observatoire.
Avant la signature, Aurore Bergé et le ministre des transports, Philippe Tabarot, accompagnés du ministre délégué à l’intérieur, Jean-Didier Berger, ont rencontré les agents du Centre national de sûreté ferroviaire, aux côtés de Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France.




