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Le plus gros transfert de l’histoire du football est dans le viseur de la justice. Selon des informations de Mediapart confirmées auprès du Monde, des policiers ont mené, lundi 15 janvier, une perquisition dans les locaux du ministère de l’économie et des finances dans le cadre d’une instruction judiciaire en lien avec le Paris Saint-Germain (PSG), soupçonné d’avoir reçu un traitement de faveur fiscal lors du transfert de l’attaquant brésilien Neymar, venu de Barcelone, en 2017.

La perquisition a été effectuée par les policiers de l’office central de lutte contre la corruption et la fraude fiscale (OCLCIFF) et de l’inspection générale de la police nationale (IGPN), en présence des juges d’instruction déjà chargés de l’enquête sur les « barbouzeries » autour du PSG. Plusieurs services de la direction générale des finances publiques (DGFiP) ont été visés, dont, selon Mediapart, le bureau du directeur général occupé jusqu’à récemment par Jérôme Fournel, nommé depuis directeur du cabinet du ministre de l’économie, Bruno Le Maire.

Le PSG s’est-il octroyé les faveurs du fisc pour ne pas alourdir la facture de l’achat du joueur ? Des documents révélés par Libération et Mediapart indiquent qu’en 2017 les fiscalistes du club s’inquiètent du risque de taxation sur ce paiement déjà exorbitant, de 222 millions d’euros. L’enquête sur ces nouveaux soupçons débute à peine. Mais elle s’inscrit dans le cadre d’une instruction menée depuis septembre 2022 autour des opérations d’influence attribuées à Jean-Martial Ribes, l’ancien directeur de la communication du PSG (2017-2022).

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Selon des informations du Monde, ce dernier est mis en examen depuis le 1er décembre entre autres pour « corruption et trafic d’influence actifs », « complicité et recel de détournement de la finalité d’un traitement de données à caractère personnel », « usurpation de l’identité d’un tiers en vue de troubler sa tranquillité ou porter atteinte à son honneur ou à sa considération » et « harcèlement moral en ligne ». Il conteste les faits qui lui sont reprochés.

« Avantages fiscaux » pour le PSG

Selon un rapport d’enquête de l’IGPN transmis le 21 novembre au magistrat instructeur, dévoilé par Libération et consulté par l’Agence France-Presse (AFP), les enquêteurs ont épluché dix ans de messages retrouvés dans le téléphone de M. Ribes, jusqu’à son départ du club en mai 2022, et notamment ses échanges avec l’ancien vice-président macroniste de l’Assemblée nationale, Hugues Renson. L’ex- « dircom » du club a « sollicité (…) sans équivoque (…) des services » de M. Renson, qui a été conseiller de Jacques Chirac à l’Elysée, conclut le rapport. L’IGPN se demande si M. Renson a tenté d’obtenir du gouvernement des « avantages fiscaux » pour le PSG lors du transfert, et enquête sur un possible « trafic d’influence » impliquant M. Renson, un délit passible de dix ans de prison et d’un million d’euros d’amende, ou le double du produit de l’infraction, précise-t-on au Monde.

Le 24 juillet 2017, en pleines négociations autour de l’arrivée au PSG de Neymar après le paiement au FC Barcelone de la clause libératoire, M. Renson s’engage, d’après le rapport, dans des échanges intenses avec M. Ribes mais aussi avec Nasser Al-Khelaïfi, le patron qatari du PSG. Il affirme avoir relayé auprès de Gérald Darmanin, alors ministre des comptes publics (de 2017 à 2020), un « sujet PSG », qui semble être la fiscalisation du transfert. Gérald Darmanin « considère que c’est bon (…). Ce qui compte, c’est que les documents que nous avions évoqués soient produits. Ils protégeront », écrit notamment M. Renson à Jean-Martial Ribes.

A l’époque, le ministre s’était publiquement « réjoui des impôts que Neymar [allait] pouvoir payer en France », et avait garanti que ses services allaient analyser de près le montage financier du transfert. Le 3 août, le deal historique à 222 millions d’euros était conclu et annoncé. Sollicité par l’AFP, l’entourage de M. Darmanin n’a pas souhaité réagir à cette perquisition.

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Le Monde avec AFP

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