
Le stratagème était bien rodé. Au port de Sète (Hérault), ouvert sur la Méditerranée, des personnes venues d’Algérie, de Libye ou de Syrie débarquaient en tenue de marins. Leurs noms figuraient sur la liste de l’équipage de l’Anakin, une bétaillère – un cargo transportant des animaux –, longue de 91 mètres, appartenant, selon la justice française, à un groupe libanais. En apparence, tout était en règle.
En réalité, les passagers, munis de faux papiers d’identité, étaient des migrants sans aucune notion de navigation. Un réseau avait trouvé une astuce pour leur permettre de rejoindre l’Europe : les faire passer pour des membres de l’équipage. Le 17 mars, la cour d’appel de Montpellier a refusé de remettre en liberté Ali Hammami, un Syrien de 54 ans – placé en détention provisoire depuis septembre 2025 – soupçonné d’être l’un des organisateurs de cette filière, ce qu’il dément.
Dans cette affaire, dont l’instruction est toujours en cours, il est mis en examen pour, entre autres, « aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d’un étranger en France ou dans un Etat partie à la convention de Schengen en bande organisée ». Il risque jusqu’à dix ans de prison. Selon l’enquête, plus d’une vingtaine de personnes auraient ainsi transité par cette filière, en deux ans.
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