Tabassome Simon était encore une petite fille de « 11 ou 12 ans », dans le Téhéran d’avant la révolution de 1979. Elle venait de gagner un concours de lecture organisé par la radio. Au journaliste qui lui demandait qui elle aimerait devenir, « une Oriana Fallaci [la journaliste italienne dont elle avait choisi le livre sur la guerre du Vietnam] ou un Albert Schweitzer ? », elle avait répondu : « Non, je veux être Tabassome, je voudrais qu’on me connaisse pour ce que je suis », se souvient-elle. Mission réussie ! Cinquante ans plus tard, elle est cheffe du service de pharmacologie clinique à l’hôpital Saint-Antoine à Paris (AP-HP), professeure à la faculté de médecine de la Sorbonne et coordonnatrice de la plateforme de recherche clinique de l’Est parisien.

« Mais comment, tu ne connais pas Tabassome Simon ? » On est au début des années 2000, Nicolas Danchin, qui a quitté l’hôpital de Nancy pour diriger le service de cardiologie du tout nouvel hôpital européen Georges-Pompidou à Paris, se fait alors présenter la pharmacologue. « On a travaillé assez vite ensemble sur de nombreux projets de recherche », explique le professeur à la retraite. Il évoque « une bourreau de travail qui s’est fait beaucoup d’ennemis parce qu’elle est entière et dit ce qu’elle pense ».

Gabriel Steg, chef du service de cardiologie à Bichat (AP-HP), raconte avoir été interpellé de la même façon au début des années 2010 : « Il faut absolument que tu rencontres Tabassome Simon, je ne peux rien faire sans elle », lui aurait dit Nicolas Danchin. Depuis, on ne compte plus les articles cosignés de ces trois médecins chercheurs dans les grandes revues scientifiques.

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