
Politologue et essayiste d’origine américaine, Susan George a, par ses nombreux ouvrages et actions militantes, fait prendre conscience au public français et européen des dégâts de la mondialisation libérale et des dangers que les entreprises multinationales et les organisations multilatérales (Organisation mondiale du commerce [OMC], Fonds monétaire international [FMI], Banque mondiale…) faisaient peser sur la démocratie et le progrès social. Elle est morte, le 14 février, à Paris, à l’âge de 91 ans.
Née le 29 juin 1934 dans une famille américaine aisée, elle vient faire des études en France à la fin des années 1960, en pleine guerre du Vietnam, s’y marie et y restera – elle acquiert la nationalité française en 1994. Etudiante en philosophie et sciences politiques, elle s’engage dans le Paris American Committee to Stop War, où elle fréquente les chercheurs de l’Institute for Policy Studies, dont le fondateur, Samuel Rubin, souhaite ouvrir une branche en Europe pour échapper à la répression qui sévit alors sur les campus américains. Ce sera le Transnational Institute, créé en 1974 à Amsterdam, dont Susan George sera un des piliers et la présidente, et dont la raison d’être est d’apporter aux mouvements de lutte pour la démocratie, la justice et le progrès, les savoirs et analyses qui permettent de convaincre et d’agir dans le débat public.
Il vous reste 70.7% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.




