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Histoires Web lundi, mars 4
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« On est la seule production qui vend à perte, les aides de la PAC [La politique agricole commune] nous aident tout juste à boucher le trou. » Sébastien Cheyrou est sur la rocade bordelaise depuis deux heures. L’axe est désormais bloqué à la circulation. Eleveur et producteur en polyculture à Monségur en Gironde, il est parti à 1 h 30 du matin de son exploitation. « C’est plus qu’important, c’est vital pour notre métier, pour notre avenir. On est asphyxiés, on est à bout. C’est certainement l’un des derniers sursauts d’orgueil avant qu’il se passe des choses beaucoup plus graves », avance d’emblée l’agriculteur.

Parmi les revendications principales, celle de « ne pas revendiquer des aides, mais (…) vivre de notre métier » est mise en avant. « Avoir un avenir. J’ai 36 ans, j’ai encore une trentaine d’années à faire avant la retraite comme ça. » Pas plus de 1 000 euros par mois, c’est ce qu’il a pu se verser depuis qu’il a repris l’exploitation familiale. « Je suis la quatrième génération, mon père et ma tante n’ont jamais pu se sortir plus que ça. » Il s’inquiète de la pression sociale, environnementale, d’une profession soucieuse, aussi, de la nature dans laquelle il œuvre chaque jour. « Une mobilisation comme ça, sur notre territoire, ça s’est jamais vu, c’est toutes les filières, et pas que la vigne parce qu’on est en Gironde. On est sur un territoire de polyculture, d’élevage, il y a des vaches, des canards, des brebis, des céréales…  » Dans sa bétaillère, un matelas, et de quoi tenir le siège de la rocade. A ses côtés, ses collègues acquiescent : « n va camper ici tant qu’on n’aura pas de résultats. »

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