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Pour la cinquième fois, la probité affronte le mal dans les plaines qui s’étendent entre Minnesota et Dakota du Nord, au sud de la frontière entre le Canada et les Etats-Unis.

Suite de variations sur un thème de Joel et Ethan Coen, Fargo, série créée par Noah Hawley il y a maintenant dix ans, n’en finit pas de ressusciter sur ces terres enneigées, nourrie à la fois de l’apport du patrimoine génétique des deux frères (angoisse métaphysique et humour sardonique) et de la faculté de Noah Hawley à en extraire des figures à la fois familières et inédites, exploit qu’il renouvelle une fois encore.

Le créateur (et réalisateur des deux premiers épisodes de cette saison) n’a pas fait mystère de sa volonté d’épure pour cette cinquième saison. Aux vingt-trois premiers rôles de la précédente, évocation des années 1950 à travers une guerre des gangs, succèdent cinq personnages principaux, descendants en droite ligne des sujets retenus par les Coen dans le Fargo originel, long-métrage sorti en 1996.

Mère de famille arrêtée

Au centre de cette composition, la figure de Dorothy « Dot » Lyon, qui illumine le sombre tableau des Etats-Unis contemporains à la façon d’une martyre triomphante dans un tableau flamand. L’impression que le personnage laisse est d’autant plus profonde que Dot est interprétée par Juno Temple.

L’actrice britannique est ici à des années-lumière de la jeune étoile des réseaux sociaux à l’accent cockney impénétrable qu’elle vient d’interpréter dans Ted Lasso. Elle ne l’a sans doute pas fait exprès, mais elle marque ainsi les extrêmes d’un registre d’une étendue hors du commun. Voilà déjà une raison impérieuse de repartir pour Fargo.

Parmi les autres, il y a cette décision de Noah Hawley de se rapprocher de l’époque contemporaine. On est à la veille d’Halloween 2019, dans une salle municipale de Scandia (Minnesota), où une réunion de parents d’élèves a tourné au pugilat. Arrêtée par une policière de la ville (Richa Moorjani), puis libérée, Dot est aussitôt enlevée par un duo de sicaires dont le chef évoque irrésistiblement Anton Chigurh, le tueur à la frange ridicule qu’incarnait Javier Bardem dans No Country for Old Men. La férocité de tigresse dont la mère de famille fait preuve lors du combat homérique qui précède son rapt démontre qu’elle n’en est pas « à son premier rodéo », pour reprendre une expression de la région.

Les péripéties sanglantes qui suivent permettent à notre héroïne de croiser le chemin du state trooper (« policier de l’Etat ») Witt Farr (Lamorne Morris ; si son visage vous dit quelque chose, c’est que vous avez regardé New Girl). Une mère de famille, deux représentants intègres des forces de l’ordre : les rangs de la probité sont au complet.

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