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Histoires Web samedi, mars 2
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En juin 2023, la présidente du tribunal d’Albertville (Savoie), prudente, avait préféré renvoyer le dossier à une date ultérieure. Cette histoire d’urbanisme impliquant notamment l’homme d’affaires Stéphane Courbit, 54e plus grande fortune de France, selon le magazine Challenges, dans la station de ski huppée de Courchevel (Savoie), elle l’avait bien étudiée, avait-elle dit aux parties le jour de l’audience. Mais trois juges pour s’en emparer, ce serait mieux qu’elle toute seule, considérait-elle.

Vendredi 19 janvier, le dossier est donc revenu au rôle de l’audience correctionnelle, en formation collégiale. L’examen au fond a duré trente minutes, le réquisitoire du procureur Olivier Lofficial moins de soixante secondes, celui-ci préférant s’en rapporter « à la sagesse du tribunal », alors que son parquet avait d’abord classé l’affaire.

La responsable juridique de la société SAS Spie Batignolles Sud-Est, prévenue, est seule à la barre et elle n’a rien à dire : « Je suis désolée, je n’ai pas la connaissance technique de ce dossier. » Stéphane Courbit, lui, n’est pas là. Il est dans cette affaire prévenu et représentant de son entreprise, SAS LOV Group Invest, elle-même représentant la dernière prévenue personne morale de cette affaire, la SNC Solières. Tous assurent être en règle et contestent la recevabilité des constitutions des parties civiles, un riverain et l’association Courchevel Patrimoine et environnement, à l’origine de la citation directe qui les renvoie au tribunal pour « exécution de travaux non autorisés par un permis de construire », « infraction aux dispositions du plan local d’urbanisme » et « poursuite de travaux malgré un arrêté en ordonnant l’interruption ».

Un chalet de 2 976 m2 au plancher

L’histoire se déroule dans le quartier le plus cher de Courchevel, le Jardin alpin, là où Stéphane Courbit détient déjà le palace Les Airelles, par l’intermédiaire de sa société SAS LOV Group Invest. En 2019, l’homme d’affaires, au nom de cette société et avec la société SNC Solières, détient deux permis de construire, en vue de la réalisation d’un chalet d’habitation de 2 976 m2 de surface de plancher.

Alors que les travaux de terrassement commencent en septembre, la société SNC Solières dépose une nouvelle demande de permis de construire en novembre, sur le même terrain mais pour un projet de 6 198 m2 de surface de plancher cette fois. Pour cet ensemble de trois chalets, la qualification « d’hébergement hôtelier » est demandée, au lieu de celle de « chalet d’habitation », plus contraignante que la première en termes de dimensionnement.

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