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En ce début des vacances d’hiver pour la première zone scolaire, l’enneigement des massifs français est au plus bas. L’observation des Alpes et des Pyrénées par le satellite Terra de la Nasa montre que la surface recouverte par la neige est parmi les plus faibles des dernières décennies.

Moins de 50 % de la surface du massif alpin était recouverte de neige au 3 février, soit 72 351 km2. A cette date, la surface médiane enneigée des trente dernières années recouvrait 114 080 km2, soit 72 % du massif.

Sur le domaine alpin du bassin versant du Rhône, qui s’étend sur les Alpes françaises et une partie des Alpes suisses, on observe un déficit de surfaces enneigées de plus de 40 % par rapport à la valeur médiane.

Le phénomène est encore exacerbé dans les Pyrénées. Le massif connaît un déficit de 70 % de sa couverture neigeuse par rapport à la surface médiane des vingt dernières années. Au 3 février, seuls 3 935 km2 du massif sont ainsi couverts de neige, contre une valeur médiane de 13 087 km2 à la même date.

Dans les Alpes, un cumul neigeux épais à haute altitude

Si les deux massifs montagneux souffrent de la même raréfaction de la surface « blanche », leurs situations sont en revanche très divergentes concernant l’épaisseur de ce manteau neigeux.

Dans les Alpes, en étudiant l’équivalent en eau de la couverture neigeuse, qui reflète la masse de neige, on découvre que cet indicateur est plus haut que la normale. Au 1er février, dernières données disponibles, l’épaisseur de neige représente l’équivalent de 8 800 millions de tonnes d’eau, soit 15 % de plus que la valeur médiane.

Pour Simon Gascoin, chercheur au CNRS attaché au centre d’études spatiales de la biosphère, à Toulouse, cette situation paradoxale d’un excédent en eau malgré une surface enneigée au plus bas dans les Alpes s’explique « par de fortes précipitations au début de l’hiver, et une fonte très rapide à moyenne altitude. (…) On se retrouve face à une très faible surface enneigée avec un cumul très important de neige à haute altitude ».

Dans les Pyrénées, en revanche, à la fois la surface et l’épaisseur du manteau neigeux sont au plus bas, en raison du déficit pluviométrique chronique qui touche cette zone géographique.

Les limites de la neige artificielle

Un récent rapport de la Cour des comptes sur l’adaptation des stations de ski face au changement climatique déplore un modèle économique qui s’essouffle car il est « durablement affecté par le changement climatique depuis le début du XXIe siècle ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Pour la Cour des comptes, les stations de ski n’ont pas suffisamment pris la mesure du changement climatique

Dans ce contexte, la Cour des comptes met en garde contre la principale stratégie d’adaptation des stations, la production de neige artificielle, qui nécessite d’importants investissements, de l’énergie et un fort impact sur la ressource en eau qui « apparaît sous-estimé dans de nombreux territoires », d’autant que son efficacité « tend à se réduire avec la hausse des températures ».

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