Assis sur les berges de la Saône, téléphone à la main, Luke, 20 ans, fait défiler les nouvelles qui tombent sans discontinuer. A l’université de l’Oregon, où il suit une licence d’histoire et de science politique, des camarades ont été arrêtés. « Ils protestaient contre la politique migratoire de Donald Trump. J’aurais aimé être avec eux. » Lui-même avait manifesté, en 2025, contre la guerre dans la bande de Gaza.

Depuis janvier, ce natif de Boston (qui n’a pas donné son nom, comme les personnes citées par leur prénom) participe à un programme d’échange à l’Institut d’études politiques de Lyon. Il observe son pays basculer à distance : descentes musclées de la police de l’immigration, appels à boycotter les médias, frappes militaires en Iran. « Je suis inquiet de la nouvelle guerre au Moyen-Orient, ce n’était pas nécessaire », souffle-t-il. Ces événements ne font que renforcer son envie de se lancer, un jour, en politique aux Etats-Unis. D’ici à son retour, prévu en juin, il ne rate pas un article du New York Times, entre deux cours, en anglais, sur le patrimoine culturel de l’Union européenne.

En 2024-2025, la France a accueilli 6 381 étudiants américains, selon Campus France, soit un recul de 5 % par rapport à 2022. En parallèle, leur présence en Europe a progressé de 6,2 % sur un an. « Depuis 2020, le nombre d’Américains dans notre faculté a visiblement baissé, et le français est de moins en moins enseigné dans les universités américaines », déplore Lucie De Carvalho, coordinatrice de l’International Student Exchange Program (ISEP), à Lille.

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