Malgré une campagne marquée par des conflits persistants et des débats autour des alliances, à droite comme à gauche, les résultats des élections municipales dessinent un paysage politique fait de recompositions locales, sans rupture nationale claire. Dans de nombreuses grandes villes, les majorités sortantes se maintiennent. Ailleurs, des basculements s’opèrent au gré d’alliances diverses. Sans parler des dizaines de milliers de petites communes qui connaissaient déjà leur maire après le premier tour.

Dans ce tableau, Les Ecologistes, portés en 2020 par une « vague verte » inédite, apparaissent en retrait. S’ils conservent des positions importantes – notamment à Lyon – et participent à de nombreuses listes victorieuses à gauche, comme à Paris, ils perdent aussi certaines municipalités emblématiques, à l’image de Poitiers, de Bordeaux et de Strasbourg – face à des candidats qui reprennent eux-mêmes une partie de l’agenda écologique. Les raisons sont multiples, mais ce recul s’inscrit plus généralement dans une campagne où l’écologie n’a pas structuré les débats.

Car, au-delà des résultats, ces élections confirment un paradoxe saisissant. Après des mois marqués par l’accélération visible du dérèglement climatique – à commencer par des crues spectaculaires –, l’écologie se rappelle à nous chaque jour, mais a largement disparu du débat public. Les chiffres sont sans appel. En mars, l’environnement n’a représenté qu’environ 2,5 % du temps d’antenne médiatique, un niveau historiquement bas. Dans l’opinion, il recule également : en mars, seuls 22 % des Français citent la protection de l’environnement parmi leurs priorités, et à peine 6 % en font le premier enjeu – loin derrière le pouvoir d’achat, la santé ou les crises internationales.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés A une semaine des élections municipales, un paysage politique très à droite se dessine

Ce recul ne signifie pas un désintérêt massif, mais plutôt la disparition progressive de l’écologie comme objet politique indépendant. Moins débattu, moins porté, parfois au cœur de polémiques stériles, il cesse d’organiser les débats et les choix électoraux. La séquence ouverte entre 2018 et 2022 – des marches pour le climat à la « vague verte » des européennes et des municipales – semble aujourd’hui refermée.

Il vous reste 64.84% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
Exit mobile version