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Histoires Web vendredi, mars 1
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  • Gidon Kremer
    Songs of Fate

Œuvres de Raminta Serksnyté, Giedrius Kuprevicius, Mieczyslaw Weinberg et Jekabs Jancevskis par Gidon Kremer (violon) et la Kremerata Baltica.

A 76 ans, Gidon Kremer n’a pas dévié de la ligne musicale qu’il a tracée depuis ses débuts de violoniste à contre-courant derrière le Rideau de fer et qui consiste à attirer l’attention sur des musiciens peu exposés. Trois des quatre compositeurs réunis dans ce CD nous sont totalement inconnus et le quatrième y figure par des œuvres inédites. Si aucun d’entre eux ne saurait se situer au niveau d’une Sofia Goubaïdoulina et, surtout, d’un Alfred Schnittke (deux créateurs majeurs de l’ex-Union soviétique qui ont bénéficié de l’aura acquise à l’Ouest par le musicien d’origine lettone), leur production comporte quelques belles surprises. Par exemple, l’apparition quasi surnaturelle du vibraphone au beau milieu d’une pièce (This Too Shall Pass) très intériorisée de Raminta Serksnyté (Lituanienne née en 1975) ou les parenthèses magiques investies par la percussion dans un duo avec violon (Kaddish-Prélude) que Giedrius Kuprevicius (Lituanien né en 1944) conçoit avec un excès de pathos. Tout aussi boursouflé, Lignum, de Jekabs Jancevskis (Letton né en 1992), séduit néanmoins par l’usage des svilpaunieki, sorte d’ocarinas baltes. Quant à Mieczyslaw Weinberg (1919-1996), grand symphoniste polono-russe qui sort peu à peu de l’anonymat, c’est dans un registre intimiste encore à découvrir (berceuse, danse folklorique) que le subtil Kremer nous le présente ici. Pierre Gervasoni

ECM New Series/Universal Music.

Airs d’opéra de Puccini (Madama Butterfly, La Rondine, Tosca, La Bohème, Gianni Schicchi), Boito (Mefistofele), Cilea (Adriana Lecouvreur), Tchaïkovski (La Dame de Pique), Giordano (Andrea Chénier), Leoncavallo (Pagliacci), Dvorak (Rusalka), Catalani (La Wally). Marina Rebeka (soprano), Orchestre de l’Opéra de Wroclaw, Marco Boemi (direction).

Pochette de l’album « Essence », de Marina Rebeka.

Cela fait maintenant plus d’une décennie que la soprano lettone Marina Rebeka fait le bonheur des scènes lyriques internationales, où elle s’est imposée dans les grands rôles belcantistes ainsi que dans le répertoire français, comme en témoigne Voyage, le très beau disque autour de la mélodie française enregistré avec le pianiste Mathieu Pordoy paru en 2022 chez Prima Classic, le label phonographique qu’elle a créé. Il s’agit cette fois d’un florilège de tubes d’airs d’opéra, essentiellement consacré au vérisme italien, ne seraient deux courtes incursions, avec Tchaïkovski et Dvorak, dans la littérature slave de la même époque. Au fronton, Puccini, dont 2024 sonne le centenaire de la disparition. Rebeka a déjà incarné au plateau Musetta, Mimi et Cio-Cio-San. Tosca devrait suivre sans tarder si l’on en croit l’époustouflante étendue des moyens dont dispose la cantatrice, aussi à l’aise dans les vocalises et les effets virtuoses que dans une expressivité portée à l’incandescence. A la tête de l’Orchestre de l’Opéra de Wroclaw, Marco Boemi met ses pas dans ceux de la chanteuse, rehaussant habilement la beauté des couleurs orchestrales pour mieux souligner les tensions de la dramaturgie. Marie-Aude Roux

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