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Faut-il faire payer les manifestants pour les frais de police liés à la sécurisation des défilés ? C’est la question que se posent à voix haute des responsables de la Metropolitan Police (la police du Grand Londres) et des hommes politiques britanniques, alors que s’enchaînent depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 les manifestations en soutien à la Palestine, partout au Royaume-Uni et spécialement à Londres.

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Neuf défilés à plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont déjà succédé au cœur de la capitale britannique, organisés en général le samedi. Une 10e manifestation devrait se tenir le 3 février à l’appel de Palestine Solidarity Campaign, la principale organisation britannique propalestinienne, pour réclamer un cessez-le-feu « immédiat » et la « fin du génocide » dans la bande de Gaza. Trois manifestations contre l’antisémitisme, en soutien à Israël et pour la libération immédiate des otages du Hamas ont également eu lieu depuis l’automne.

« Il s’agit de la période la plus intense que la Metropolitan Police ait connue depuis les Jeux olympiques de 2012 », a souligné Mark Twist, adjoint au commissaire en chef de la Metropolitan Police, lors d’une conférence organisée le 24 janvier par Policy Exchange, un influent groupe de réflexion conservateur. « En comptant les grandes marches du week-end et les manifestations délocalisées dans les arrondissements londoniens, nous en sommes à 26,5 millions de livres sterling [31 millions d’euros] de coûts additionnels pour la police », a précisé M. Twist. Des milliers d’agents ont été mobilisés et des milliers de jours de congé ont été supprimés pour encadrer des défilés largement pacifiques mais avec quelques banderoles ou slogans considérés comme antisémites ou trop ambigus à l’égard du Hamas. En tout, 327 personnes ont été arrêtées, 43 ont été condamnées et 2 700 signalements auprès des unités de lutte contre le terrorisme ont été enregistrés, soit une hausse de 700 %.

Le débat suscite l’embarras

Dans un rapport adressé à Downing Street fin 2023 et révélé ces derniers jours par les médias britanniques, Lord Walney, un ex-député travailliste devenu conseiller auprès du Home Office pour les questions de violence politique, suggère au gouvernement « de réfléchir à faire contribuer les organisateurs des grandes marches [propalestiniennes] aux coûts de la police. (…) La capacité de la police à lutter contre le crime risque d’être encore affaiblie à moins de trouver une façon de protéger ses moyens », suggère ce membre de la Chambre des Lords.

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