En 2020, la poussée écologiste dans les grandes villes s’était appuyée sur deux éléments cruciaux : la saillance élevée des enjeux environnementaux, dans le prolongement des mobilisations climatiques de 2018-2019 (Marches pour le Climat, Fridays for Future) ; la capacité inédite de personnalités membres d’Europe Ecologie les Verts (EELV) – devenu Les Ecologistes en 2023 – à prendre la tête de listes de rassemblements de la gauche, profitant de la crise de leadership du Parti socialiste (PS) à la suite à son effondrement électoral de 2017. Aucune de ces deux conditions n’était réunie cette année et, sans surprise, une nouvelle vague verte n’a pas déferlé sur le premier tour du scrutin municipal de 2026.
Depuis 2020, le climat d’opinion en matière d’environnement s’est en partie retourné. En 2019 comme en 2020, selon le Baromètre annuel de l’Ademe sur le climat, jusqu’à 26 % des personnes interrogées citaient l’environnement parmi les deux enjeux les plus importants pour la France. Dans la dernière livraison du baromètre, cette mesure n’était plus que de 16 %.
Parallèlement, les enjeux associés à l’environnement se sont fortement conflictualisés. L’opposition aux politiques publiques d’inspiration écologique est devenue une stratégie électorale assumée, en particulier à droite. Le bilan des mairies écologistes a été particulièrement scruté, donnant lieu à des jugements très négatifs au cours de la campagne. A titre d’exemple, l’enquête réalisée par l’Ifop pour l’institut Terram début février indiquait que 30 % des personnes interrogées ayant voté pour un maire écologiste en 2020 regrettaient leur choix, contre 13 % pour l’ensemble de l’échantillon, et que seuls 24 % souhaitaient voir leur maire écologiste réélu, contre 55 % pour l’ensemble des maires sortants.
De fait, pour les écologistes, la préparation de ces élections municipales s’est déroulée dans un contexte bien moins porteur qu’en 2020. Il y a six ans, ils apparaissaient comme la force la plus dynamique à gauche, surfant sur leur (relatif) succès des européennes de 2019. Cette année, ils ont été relégués au second plan, pris en étau dans l’affrontement entre la France insoumise (LFI) et le PS.
Il vous reste 63.72% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.




