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La Douma russe a adopté, mercredi 24 janvier en première lecture, une loi permettant de confisquer les biens des personnes critiquant la guerre en Ukraine et, plus généralement, des opposants. Ce texte, s’il peut viser n’importe quel citoyen russe, constitue surtout un rappel pour les centaines de milliers de Russes ayant choisi l’exil : même à l’étranger, ils ne sont pas à l’abri de la machine répressive du Kremlin.

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Dans le détail, trente délits ou crimes sont concernés, ayant pour l’essentiel une dimension politique ou explicitement liés à « l’opération spéciale » en Ukraine : discréditation ou diffusion de fausses informations sur l’action de l’armée, appels au séparatisme, appels à l’extrémisme, appels à des actions menaçant la sécurité de l’Etat, participation à une organisation indésirable ou extrémiste, réhabilitation du nazisme, désertion, sabotage, contrebande, trahison…

Pour que la confiscation soit ordonnée, ces crimes devront avoir été motivés par la « haine politique, sociale ou ethnique » ou répondre à des « motivations vénales ». Ce cas de figure vise particulièrement les journalistes forcés à l’exil, qui reçoivent à l’étranger – souvent de façon sporadique – un salaire.

Contre les « ordures » et les « traîtres »

Il reviendra ensuite à la justice de décider la part des biens et actifs à saisir, en déterminant ceux destinés à « financer des activités criminelles », évaluation nécessairement vague. La confiscation pourra concerner la famille ou les proches des personnes impliquées.

En présentant le projet, le président de la Douma, Viatcheslav Volodine, avait insisté sur la nécessité de sanctionner « les ordures » qui « soutiennent les nazis, salissent notre pays et nos soldats ». M. Volodine ne cache pas son aversion, en particulier, pour les acteurs du monde de la culture qui vivent à l’étranger et continuent à recevoir des revenus en Russie. En plus de la possible confiscation de leurs biens, ceux-ci pourront se voir privés des distinctions officielles attribuées par l’Etat.

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Ces mesures constituent une nouvelle menace pour les Russes installés à l’étranger, qualifiés de « traîtres » en Russie et qui voient déjà se multiplier les obstacles dans leurs relations avec l’administration. Plusieurs d’entre eux ont été arrêtés et extradés depuis des pays limitrophes de la Russie. Début janvier, le ministère des affaires étrangères évoquait aussi la possibilité de ne pas organiser de vote pour l’élection résidentielle de mars dans quarante-neuf pays « inamicaux ».

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