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Le suspense était limité, la décision conforme aux attentes. Soucieuses de garder sous un strict contrôle un processus électoral qui paraît pourtant peu risqué, les autorités russes ont barré la route à l’unique candidat réellement indépendant pour le scrutin présidentiel qui doit se tenir du 15 au 17 mars, et surtout le seul à afficher une position antiguerre – à peu près – claire.

La commission électorale centrale en a décidé ainsi, jeudi 8 février, écartant la candidature à ce scrutin de Boris Nadejdine, 60 ans. Comme à chaque élection locale ou nationale depuis une dizaine d’années (à l’exception de la présidentielle de 2018, lorsque la justice avait tout simplement déclaré Alexeï Navalny inéligible), le motif invoqué est celui d’erreurs dans le dossier de candidature, et plus précisément dans les signatures de citoyens requises pour enregistrer une signature.

Sur les quelque 100 000 paraphes que devait fournir M. Nadejdine, 9 147 ont été jugés irrecevables, soit plus que la marge d’erreur admise de 5 %. « Vous avez de bonnes perspectives politiques. Continuez, nous serons ravis de vous accueillir », lui a lancé la présidente de la commission, Elena Pamfilova, soit à quelques mots près la phrase rituelle qu’elle réserve aux candidats indésirables et donc recalés – l’ex-journaliste Ekaterina Dountsova étant la dernière en date.

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Dès le 2 février, jour du dépôt de son dossier par Boris Nadejdine, des membres de la commission électorale avaient clairement fait comprendre que la décision était prise, en évoquant des « erreurs qui provoquent l’étonnement », et même des « âmes mortes », soit de faux signataires. Onze signatures de citoyens décédés auraient été identifiées, a affirmé la commission, jeudi.

Saboteurs

En réponse, M. Nadejdine avait envoyé les photographies des interminables files d’attente qui ont été observées tout au long du mois de janvier dans les villes russes, constituées de citoyens désireux d’apposer leur signature. Cette récolte de signatures est de fait devenue l’événement politique de l’hiver, le seul à même d’animer une campagne électorale parfaitement morne, dans laquelle les candidats rivalisent de compliments à l’endroit de Vladimir Poutine et feignent de se déchirer sur des sujets secondaires.

La commission a justifié sa décision en pointant, pour l’essentiel, des coquilles, par exemple dans l’écriture d’une adresse, ou d’irrégularités commises par la personne recueillant le paraphe. Des documents rendus publics par l’équipe du candidat montrent qu’une partie au moins des fautes de frappe observées par les autorités sont du fait de la commission électorale elle-même.

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