
Comme un air de Donald Trump à Carcassonne. Sitôt installé maire de la préfecture audoise, Christophe Barthès s’est empressé de singer le président américain et sa manière de présenter ses décrets polémiques lors de son retour à la Maison Blanche, en janvier 2025. L’édile Rassemblement national (RN) a ainsi inauguré son mandat par un arrêté, pris dimanche 29 mars, contre la mendicité. Soucieux d’inscrire sa prise de pouvoir dans le marbre des réseaux sociaux, le maire a publié le même jour une vidéo le montrant au balcon de l’hôtel de ville pour débarrasser son fronton du drapeau européen.
L’installation par dizaines de nouveaux maires d’extrême droite se voulait discrète et studieuse. Elle fût, parfois, caricaturale et controversée. A Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes, Bryan Masson), Harnes (Pas-de-Calais, Anthony Garénaux-Glinkowski) et Canohès (Pyrénées-Orientales, Carla Muti), aussi, les élus ont marqué leur prise de pouvoir par le retrait de la bannière bleue aux douze étoiles d’or.
« Une trahison de ce que nous sommes », a cinglé, mardi 31 mars, le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Le député écologiste des Yvelines Benjamin Lucas-Lundy a lui ironisé sur l’attrait jamais démenti du RN pour les mandats et fonds offerts par l’Union européenne (UE) : « Le drapeau européen les dérange moins sur la fiche de paie des emplois fictifs de M. [Jordan] Bardella pendant des années, et sur le détournement massif de fonds publics pour lesquels Mme [Marine] Le Pen est actuellement en procès [le jugement de la Cour d’appel de Paris sera rendu le 7 juillet] ».
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