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Comment doubler le taux de croissance économique à l’échelle de la planète au cours de la prochaine décennie ? La Banque mondiale avance une réponse bien plus simple que l’intelligence artificielle ou une quelconque révolution technologique – du moins en apparence : en mettant, enfin, sur un réel pied d’égalité hommes et femmes sur le marché du travail.

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Même sans aller aussi loin qu’un doublement de la croissance, améliorer la situation existante donnerait déjà un coup de fouet à une économie mondiale aujourd’hui poussive. « La réduction des disparités hommes-femmes en matière d’emploi et d’entrepreneuriat pourrait accroître le produit intérieur brut mondial de plus de 20 % », assure l’institution sise à Washington, en conclusion de l’édition 2024 de son rapport « Les femmes, l’entreprise et le droit », publié lundi 4 mars.

« Aujourd’hui, à peine la moitié des femmes font partie de la population active mondiale contre près de trois hommes sur quatre. Ce n’est pas seulement injuste, c’est un véritable gâchis », estime Tea Trumbic, la principale autrice du document, qui mesure les avancées vers la parité dans 190 pays du monde depuis dix ans maintenant.

Recul par rapport à 2022

La Banque mondiale s’est en particulier penchée sur les lois et réglementations susceptibles d’empêcher les femmes d’accéder au marché du travail, ou même de les freiner par rapport à leurs collègues masculins. Dix indicateurs sont pris en compte : la sécurité sous toutes ses formes, la mobilité, le travail, la rémunération, le mariage, la parentalité, la garde des enfants, l’accès à l’entrepreneuriat et les différences en matière de retraite.

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Quelques jours avant la Journée internationale des droits des femmes, vendredi 8 mars, le résultat n’incite guère à l’optimisme. Celles-ci restent moins protégées que les hommes : elles bénéficient de moins des deux tiers des droits juridiques reconnus au sexe opposé. Un recul par rapport à l’année 2022, quand ce ratio d’inégalité était plutôt de trois quarts.

Deux indicateurs en particulier ont fait reculer leur situation dans la longue marche vers l’égalité : celui de l’accès à des modes de garde des enfants et celui de la sécurité et de la protection contre les violences liées au genre. Ce dernier domaine, qui recouvre la violence domestique, le harcèlement sexuel, le mariage des enfants et le féminicide, est globalement le plus mal noté. La question de la protection contre le harcèlement sexuel est prégnante : seuls une quarantaine de pays dans le monde disposent de lois s’appliquant aux espaces publics. « Ce qui contribue souvent à dissuader les femmes d’utiliser les transports en commun pour se rendre au travail », observent les auteurs de l’étude.

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