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La présidente du groupe Renew Europe et tête de liste 
 de la majorité présidentielle aux européennes, Valérie Hayer, et Emmanuel Macron, à Bruxelles, le 17 avril 2024.

Il y a parfois des oublis très significatifs. Mercredi 17 avril, en arrivant à la réunion du groupe centriste Renew auquel appartient le parti Renaissance, Emmanuel Macron se lance devant les caméras dans un bilan des « grands combats » européens depuis 2019. La « relance face au Covid », l’« Europe unie pour soutenir l’Ukraine », l’Europe au « rendez-vous de la croissance du XXIe siècle » malgré la « colère qui profite aux solutions les plus simplistes »… Beaucoup de sujets sont cités. A aucun moment, le président de la République française n’évoque le Pacte vert européen, un ensemble de textes votés pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre et protéger la santé et l’environnement – un gros morceau de la mandature.

Ces propos, relayés dans une vidéo supprimée par l’Elysée après un début de polémique avec les oppositions, étaient destinés au grand public. Mais, depuis la crise agricole, les macronistes, comme beaucoup d’autres, marchent sur des œufs avant d’évoquer la transition écologique, par peur du « backlash », le retour de bâton supposé des opinions.

« On a de plus en plus de mal à parler frontalement d’écologie, même les Verts, admet Antoine Armand, député Renaissance de Haute-Savoie. Il y a peut-être une forme d’autocensure, une peur que ces thématiques, parfois trop anxiogènes, soient instrumentalisées par le populisme d’extrême droite. L’un des grands défis politiques du XXIe siècle sera de rendre la transition désirable auprès de l’ensemble des citoyens, car elle profitera bien au plus grand nombre. »

A moins de deux mois des élections européennes, et alors que le Parlement européen doit se prononcer cette semaine sur un allègement du volet écologique de la politique agricole commune (PAC), une note de la Fondation Jean-Jaurès, un think tank social-démocrate, publiée, mardi 23 avril, analyse ce phénomène. « Il y a un paradoxe, car la colère contre certaines normes, contre la taxe carbone ou contre le zéro artificialisation net existe, et en même temps, il y a une grande volonté d’action en faveur du climat dans les études d’opinion », résume Théodore Tallent, chercheur doctorant et enseignant en science politique à Sciences Po, auteur de ce texte.

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Dans ce document, alimenté par de nombreuses études sociologiques et par des entretiens, il ne nie pas les sujets de tension et le risque de voir la transition écologique être rejetée ou profiter aux climatosceptiques. « Que ce soit la taxe carbone, les zones à faibles émissions, le développement des énergies renouvelables, les régulations agricoles, les obligations de rénovation énergétique ou encore d’éventuelles taxes sur le transport aérien, le défi de l’acceptabilité est bien là, peut-on lire dans ce texte très critique à l’égard de certains partis politiques, comme le Labour britannique, qui est revenu sur sa promesse électorale d’investir 28 milliards de livres (32 milliards d’euros) pour la transition écologique chaque année, « par peur de crisper les citoyens ». « Bien souvent, l’erreur fondamentale de nombreux décideurs politiques est de comprendre l’opposition à certaines politiques climatiques comme une opposition générale à la politique climatique. »

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