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La virulente charge de François Bayrou contre Emmanuel Macron et le premier ministre, Gabriel Attal, mercredi soir, pouvait laisser présager d’une sanction. Finalement, il n’en est rien puisque le MoDem sort conforté de la deuxième vague de nominations visant à compléter le gouvernement Attal, annoncé jeudi 8 février.

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L’ancienne secrétaire d’Etat à la diversité, Sarah El Haïry, devient ministre déléguée chargée de l’enfance, de la jeunesse et des familles, tandis que Jean-Noël Barrot est nommé ministre délégué en charge de l’Europe. Sa place laissée vacante au secrétariat du numérique est comblée par Marina Ferrari, jusqu’ici députée de la Savoie, et membre du MoDem depuis sa création en 2007.

Avec Marc Fesneau, reconduit à l’agriculture, le 11 janvier dernier, le parti centriste compte quatre membres au sein du gouvernement Attal. Soit le même chiffre que sous Elisabeth Borne. Certains cadres du parti présidentiel prédisaient un cinglant désaveu pour les troupes de François Bayrou après que celui-ci a exprimé publiquement une divergence de vues avec le chef de l’Etat et le premier ministre.

« Absence d’accord profond »

Alors que son nom circulait pour remplacer une Amélie Oudéa-Castéra en difficulté à l’éducation, M. Bayrou a finalement refusé de participer au gouvernement. Une décision annoncée brutalement mercredi soir, dans un communiqué envoyé à l’AFP, dans lequel il a notamment déploré « l’absence d’accord profond sur la politique à suivre », entraînant une crise ouverte au sein de la majorité.

Laquelle s’est donc soldée par le maintien des portefeuilles ministériels du MoDem. Avec un accord qui offre une porte de sortie pour les deux alliés. L’influence de M. Bayrou apparaît toujours intacte. En coulisses, ses lieutenants alimentent le récit d’un Gabriel Attal souhaitant exfiltrer les ministres du MoDem, mais qui a dû abandonner son projet après l’énième coup de pression de François Bayrou.

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Jeudi soir, sur France 2, M. Attal a d’ailleurs tenté de minimiser la portée des critiques du Béarnais, évoquant un simple « débat » ou « désaccord sur une partie de la ligne suivie » mais pas un « incident ». Avant de préciser que « bien sûr », il considérait toujours le maire de Pau comme un partenaire fiable. De son côté, le premier ministre peut se féliciter d’avoir réussi à clore le psychodrame, moins de vingt-quatre heures après son déclenchement.

Mais à quel prix ? Car la manœuvre du septuagénaire a une nouvelle fois souligné la fragilité de la coalition gouvernementale. En ne rétrogradant pas François Bayrou et son MoDem, le chef de l’Etat laisse à penser que l’on peut, à la fois, s’opposer à lui et participer au gouvernement. Au risque de donner le sentiment d’une majorité aux abois.

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