A Marseille, habituée des incidents et fraudes, préparation maximale avant le scrutin
Des serruriers, des agents de sécurité privée et des équipes d’assesseurs « panachées » : échaudée par les incidents et les fraudes, très courants lors des élections à Marseille, la mairie assure être en ordre de marche pour « un scrutin sûr, fiable et sincère ».
Le directeur général des services (DGS) de la Ville, aidé du cabinet du maire, a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) avoir organisé depuis des mois cette élection, forte de « toutes les histoires qu’on raconte sur les précédents scrutins » dans la 2e ville de France.
Lors de la présidentielle de 2007, des serrures de bureaux « engluées » avaient retardé de plusieurs heures le vote. En 2012, des murs de parpaing avaient carrément été montés devant une école… Pour éviter ce genre d’incidents, la mairie a prévu de faire tourner des serruriers « dès l’aube » pour vérifier le bon accès à chaque bureau.
La dernière élection municipale en 2020 avait aussi particulièrement marqué les esprits : des hommes munis d’armes factices avaient tenté de voler une urne et un scandale autour de fausses procurations avait éclaté, jugé depuis.
La police municipale sera « en bonne tension », renforcée par une centaine d’agents de sécurité privée qui se tiendront à l’extérieur des bureaux dans lesquels des incidents ont eu lieu dans le passé. Des mesures de prévention d’autant plus importantes, souligne la mairie, que le « double vote » lié à la réforme de la loi Paris-Lyon-Marseille pourra provoquer des files d’attente.
La mairie vante aussi un recrutement précoce d’assesseurs, des agents publics de la ville, de la métropole et du département qui seront « panachés » pour éviter la collusion et « dépaysés » en dehors de leurs secteurs pour éviter les « pressions ».
Pas forcément confiant envers la mairie centrale, le maire des 11-12e arrondissements, Sylvain Souvestre (LR) a déclaré à la Provence avoir mandaté des huissiers. Comme le candidat RN Franck Allisio et la candidate Martine Vassal (DVD), il a dénoncé des anomalies sur les listes électorales, notamment la présence, vérifiée par l’AFP, de « supercentenaires », comme une femme née en 1905.
Les services de la mairie, qui rappellent que ces personnes étaient inscrites « avant 2020 » prévoient de « demander une grande vigilance sur ces prétendus centenaires, et bien vérifier qu’ils ne votent pas ». De son côté, la préfecture, qui a identifié 7 % de bureaux « sensibles », a prévu d’ajouter deux commissions de contrôle « mobiles » pour cette élection, en sus des huit commissions habituelles à chaque scrutin. Une « hotline » pour les présidents de vote est aussi disponible.




