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Lundi 22 janvier, le train file, direction la Dordogne. Rachida Dati se rend à Nontron, une commune de 3 200 habitants nichée dans le Périgord vert, condensé des maux des territoires ruraux : la déprise économique et l’isolement géographique – la gare la plus proche est à une heure, à Angoulême. « Au centre de tout et de nulle part », comme le reconnaît sa maire, Nadine Herman-Bancaud (DVD), la cité du couteau réunit néanmoins des savoir-faire fédérés depuis vingt ans dans un pôle expérimental des métiers d’art.

Un sujet qui, assure la nouvelle ministre de la culture, lui parle. « La culture française, c’est quoi ? C’est l’artisan. L’artisanat, c’est un facteur d’intégration et de discussion », confie-t-elle au Monde, rappelant avoir été autrefois missionnée par Nicolas Sarkozy à Limoges au chevet de la manufacture Bernardaud, qui battait de l’aile. « On avait créé les pôles d’excellence. Bernardaud nous disait : “Venez, on est en train de crever.” Ça vit aujourd’hui magnifiquement. A Cronenbourg [à Strasbourg], on a récupéré des décrocheurs qu’on a mis sur des métiers de la culture en mission locale. Les métiers d’art ne sont pas élitistes, ils irriguent la culture par le bas », affirme-t-elle, sans mentionner le plan métiers d’art porté par sa prédécesseure Rima Abdul Malak.

Depuis sa nomination, Rachida la cogneuse, Rachida l’éruptive, celle qui crucifie ses collaborateurs et dézingue les journalistes pour un mot de travers, s’applique, en public, à faire profil bas. Déplacement discret au château de Fontainebleau (Seine-et-Marne), le dimanche 14 janvier. Passage éclair improvisé, deux jours plus tard, à la soirée du Comité professionnel des galeries d’art, organisée au club Silencio des Prés, à Paris. Les galeristes, pas bégueules, font la queue pour la saluer. Elle évite, en revanche, les Biennales internationales du spectacle vivant de Nantes, où les locataires de la Rue de Valois se font parfois copieusement chahuter – Franck Riester en garde un souvenir cuisant.

Un voyage en Inde dans les bagages d’Emmanuel Macron lui permet de zapper l’inauguration, le 27 janvier, du Festival international de la bande dessinée, à Angoulême. Intermittents et artistes-auteurs devront attendre avant de sortir leur carnet de doléances. Lors du déplacement d’Emmanuel Macron, le 18 janvier, aux Ateliers Médicis, à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Rachida Dati se plaît à jouer les figurantes – « J’accompagne le président », répond-elle aux journalistes incrédules. Quand « le président » lui donne quinze jours pour imaginer des événements culturels gratuits pour les jeunes des quartiers au moment des Jeux olympiques, elle ne bronche pas.

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