
A l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, les résidences secondaires s’imposent comme un enjeu de campagne local. Dans plusieurs communes touristiques, le poids électoral de leurs propriétaires ainsi que les questions de fiscalité nourrissent les débats. Régulièrement mises en cause dans la crise du logement, ces résidences cristallisent les tensions, accusées d’accentuer la raréfaction de l’offre et d’alimenter la flambée des prix.
Mais derrière ces critiques, la réalité est plus nuancée. Combien la France compte-t-elle de résidences secondaires et où se concentrent-elles ? Les Décodeurs analysent l’évolution du phénomène et les usages multiples que recouvrent les mots « résidence secondaire ». Cette cartographie montre, en creux, que ces habitations ne constituent pas un bloc monolithique, qui nécessiterait un seul type de réponse politique.
Un chiffre stable depuis dix ans
En 2025, la France comptait 3,7 millions de résidences secondaires, soit 9,8 % du parc de logements, selon les données publiques. L’augmentation observée entre 1980 et 1990, portée par les incitations fiscales et immobilières sur les littoraux et dans les stations de ski, a ensuite laissé place à une stabilisation du nombre de résidences secondaires.
En résulte une répartition très inégale de ces logements « à temps partiel » sur le territoire. Près de 40 % se concentrent sur les littoraux, notamment atlantique et méditerranéen, ainsi qu’en Corse, tandis que 16 % se trouvent en zones de montagne, principalement dans les Alpes et les Pyrénées. C’est dans ce dernier massif que se situe le record national : à Germ (Hautes-Pyrénées), petite commune de 33 habitants, 97,2 % des logements sont des résidences secondaires.
Il vous reste 80.77% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



