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Le ministre des armées, Sébastien Lecornu, a lancé, jeudi 18 janvier à Paris, une « coalition artillerie » visant à renforcer les capacités de Kiev face à la Russie. Cette coalition, pilotée par la France et les Etats-Unis, fait partie des « coalitions de capacité » décidées en octobre 2023 par le groupe de contact pour la défense de l’Ukraine, aussi appelé groupe de Ramstein, qui coordonne les contributions de la cinquantaine de pays alliés de Kiev. Paris a également obtenu de mener, au côté de l’Allemagne, la coalition sur la défense antiaérienne, dont les premières réunions de travail ont eu lieu en décembre, à Berlin.

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Près de deux ans après l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, le front est quasiment gelé depuis de nombreux mois, la dernière contre-offensive militaire lancée au début de l’été par Kiev, n’ayant pas eu les résultats escomptés. Cette semaine, le président Emmanuel Macron et le ministre des armées, Sébastien Lecornu, ont annoncé plusieurs livraisons d’armes à Kiev.

Trente canons Caesar déjà livrés, douze à venir

Selon un rapport parlementaire présenté mercredi 8 novembre devant la commission de la défense et des forces armées de l’Assemblée nationale, le coût du soutien militaire apporté jusqu’alors par la France à l’Ukraine atteignait 3,2 milliards d’euros depuis le début du conflit, le 24 février 2022, plaçant l’Hexagone dans le peloton de tête des pays européens, aux côtés de l’Allemagne et du Royaume-Uni. Ce rapport était destiné à répondre aux critiques de ceux qui disent que Paris n’en fait pas assez, dont l’institut allemand Kiel.

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Le rapport parlementaire faisait l’inventaire des matériels militaires livrés aux forces de Kiev, pour un montant de 1,7 milliard d’euros. Trente canons Caesar, pièce maîtresse de l’artillerie française, ont été livrés à l’Ukraine par la France, tandis que le Danemark en a aussi cédé dix-neuf. Jeudi, Sébastien Lecornu a annoncé que la France était prête à financer douze canons Caesar supplémentaires, et a appelé ses alliés à un effort pour en payer soixante autres − que la France a la capacité de produire, selon le ministre. Enfin, six autres canons Caesar, déjà achetés par l’Ukraine, seront livrés « dans les prochaines semaines », selon le ministère des armées français.

Le Caesar, fabriqué par l’industriel français de l’armement Nexter, est un canon de 155 millimètres monté sur camion capable de tirer six coups par minute à une distance de 40 kilomètres. Sa grande mobilité (plus de 80 kilomètres à l’heure sur route) est un atout tactique indéniable. Après avoir tiré, l’engin peut aussitôt repartir et ainsi éviter une réplique.

Au moins une quinzaine de canons tractés TRF1

Un nombre non précisé − au moins quinze − de canons tractés TRF1 de 155 millimètres ont aussi été livrés. Il s’agit du prédécesseur du Caesar qui, à la différence de ce dernier, n’est pas installé sur un camion. Ces obusiers, qui ne sont plus utilisés dans l’armée française, étaient également produits par Nexter. Leur portée est de 24 kilomètres avec des projectiles conventionnels et de 30 kilomètres avec des projectiles actifs réactifs. Capables de tirer six coups par minute, ils peuvent se déplacer à 8 kilomètres à l’heure.

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Plusieurs dizaines de blindés

Plusieurs dizaines de véhicules de l’avant blindé (VAB) et d’engins de reconnaissance AMX-10 RC ont aussi été livrés. Ces derniers sont des blindés de reconnaissance montés sur roues, équipés d’un canon de 105 millimètres et capables de tirer à 2 000 mètres, utiles pour les missions de reconnaissance mais aussi pour les missions d’appui.

Une centaine de missiles sol-air Mistral

Ont également été livrés : une centaine de missiles sol-air Mistral, deux lance-roquettes unitaires, deux batteries antiaériennes Crotale, plusieurs dizaines de missiles air-sol Scalp et antichars Milan, des canots Zodiac Futura, un système antiaérien SAMP/T… Des gilets pare-balles, des lunettes de vision nocturne ou encore des casques font aussi partie des équipements livrés.

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Formations des troupes ukrainiennes et dispositif Facilité européenne pour la paix

Toujours selon le rapport, les formations dispensées par l’armée française aux troupes ukrainiennes sont, elles, évaluées à 300 millions d’euros. Paris participe également à hauteur de 1 milliard d’euros à la Facilité européenne pour la paix, un dispositif mis en place pour financer certaines cessions des pays européens à l’Ukraine.

Enfin, la France a alloué 200 millions d’euros à un fonds destiné à financer les acquisitions effectuées directement par les Ukrainiens auprès des industriels français de l’armement. Une partie des canons Caesar, un radar Ground Master 200, des ponts flottants motorisés ou encore des obus de 155 millimètres ont ainsi été achetés par Kiev grâce à ce dispositif.

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Des dizaines de missiles longue et moyenne portée et des « centaines de bombes » à venir

Mardi, le président Emmanuel Macron a réitéré son soutien à Kiev − où il se rendra en février, pour la deuxième fois depuis le début de la guerre −, lors d’une conférence de presse visant à relancer son quinquennat, annonçant la livraison « de centaines de bombes » et de 40 nouveaux missiles longue portée Scalp. De conception franco-britannique, ces missiles air-sol guidés sont destinés à attaquer des cibles fixes à longue distance. Leur portée, officiellement de 250 kilomètres, permet d’atteindre des cibles stratégiques situées en arrière des combats (centres de commandement, dépôts de munitions, etc.).

La France fournira une cinquantaine de missiles air-sol A2SM par mois à partir de janvier et durant toute l’année, a annoncé jeudi le ministre des armées, Sébastien Lecornu. De moyenne portée, ils pourront être adaptés sur des avions « de classe soviétique », comme des Mig et des Soukhoï, que l’Ukraine utilise, a-t-il assuré. L’A2SM, « armement air-sol modulaire », aussi appelé « Hammer », est un dispositif qui permet de transformer des bombes lisses classiques de 250 à 1 000 kilos en projectiles guidés d’une portée pouvant atteindre 70 kilomètres.

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Triplement des livraisons de munitions

M. Lecornu s’est félicité jeudi d’un triplement des livraisons de munitions françaises à l’Ukraine, passées de 1 000 unités par mois à 2 000 durant la première année de guerre, et qui devraient grimper à 3 000 obus à partir de janvier. « On recycle des poudres sur des munitions qui n’ont pas été utilisées », a-t-il précisé.

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Mercredi, des sénateurs déploraient dans un rapport que la France et les pays européens ne soient « pas à la hauteur » des attentes de l’Ukraine qui a un besoin urgent de munitions. « La production nationale et européenne est extrêmement faible, l’économie mise en place n’est pas à la hauteur des attentes » ukrainiennes, a insisté Cédric Perrin (Les Républicains), président de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat, qui s’est rendu avec une délégation à Varsovie et Kiev entre les 19 et 21 décembre.

Les Ukrainiens tirent entre 5 000 et 8 000 fois quotidiennement, contre entre 10 000 et 15 000 côté russe, a-t-il détaillé lors d’une conférence de presse, en rappelant que la France produisait 20 000 obus de 155 millimètres par an, « soit l’équivalent de trois ou quatre jours de combats en Ukraine… » Et sur l’objectif d’un million de munitions promis d’ici au printemps 2024 par l’Union européenne, seuls 300 000 obus ont été livrés, a rappelé M. Perrin.

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