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Les livres sur les religions abordent souvent des sujets pointus, sous un angle précis, pas toujours adapté aux attentes d’un lecteur profane soucieux d’une introduction générale. Voici quatre livres pour amorcer une étude plus globale du fait religieux à travers le monde et l’histoire.

« Mondes invisibles », dirigé par Sylvain Ledda, L’Herne, 280 pages, 33 euros

La modernité, souvent réduite au triomphe du rationalisme, pourrait aussi se définir comme celui de l’occultisme. Du magnétisme animal de Franz Anton Mesmer (1734-1815) à la codification du spiritisme par Allan Kardec (1804-1869), du romantisme au Matin des magiciens (1960) de Louis Pauwels (1920-1997) et Jacques Bergier (1912-1978), ce « Cahier de L’Herne » convainc de l’ampleur de ce continent immergé.

Les Mondes invisibles sont au pluriel, car cette exploration à l’intersection des sciences humaines, de l’ésotérisme et de l’occultisme se veut le « lieu d’un dialogue interdisciplinaire et trans-séculaire ». Dirigé par Sylvain Ledda, professeur de lettres à l’université de Rouen, ce volume esquisse, sur la longue période 1750-1950, un « triple mouvement de la pensée occidentale : la montée en puissance du scientisme, le “retour du refoulé” (occulte et ésotérique) et la diffusion des savoirs ».

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Cette trajectoire est rendue à travers quatre grandes parties qui, fidèles à l’esprit de la collection des « Cahiers de L’Herne », offrent un tableau pointilliste. L’ensemble articule textes de protagonistes (Mesmer, Kardec, Poe, Flammarion…) et études contemporaines (sur Char, Conan Doyle, Balzac, Nostradamus…). Brassant quantité de sciences et de parasciences, de pensées et de littératures, ce Mondes invisibles dresse un panorama saisissant de cet archipel souterrain. Qui s’impose comme une incontournable contre-culture, et même une contre-modernité. Y.B.

« Atlas des religions : passions identitaires et tensions politiques », de Frank Tétart, Autrement, 96 pages, 24 euros

Presque partout dans le monde, la religion redevient un élément identitaire dynamique et de grand intérêt politique. « Contrairement à ce qu’annonçait Nietzsche, Dieu n’est pas mort », relève le géopolitologue Frank Tétart au début de cet ouvrage. Composé avec le cartographe Cyrille Suss, ce petit volume se propose d’illustrer la géographie des enjeux religieux mondiaux à l’aide de plus de 100 cartes.

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Un ensemble d’illustrations d’une clarté captivante qui permettent une analyse comparative instructive, tant sur les zones d’influence des différentes confessions, que sur les données spécifiques de leur étendue. Toutes les religions sont examinées – des monothéismes aux religions de la nature – ainsi que certaines pratiques à la frontière entre le politique et le religieux : le droit au blasphème, l’exception culturelle de la laïcité, la vocation politique de certaines organisations etc.

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