
Une décision pour condamner neufs policiers autant que pour innocenter les victimes. Mardi 17 mars, le tribunal correctionnel de Paris a prononcé des peines allant de six à vingt-quatre mois de prison avec sursis à l’encontre des fonctionnaires de la CRS 43 – absents pour le prononcé du verdict.
La 10e chambre correctionnelle les a reconnus coupables d’avoir, le 1er décembre 2018, porté des coups injustifiés sur des « gilets jaunes » réfugiés dans un Burger King, près de la place de l’Etoile. Ce faisant, la juridiction a également reconnu que les victimes, dont seulement quatre ont été identifiées et se sont constituées parties civiles, ne s’étaient pas comportées d’une façon susceptible de justifier les violences exercées par les agents.
Dans leur jugement, que Le Monde a pu consulter, les magistrats rappellent le contexte de cet acte III du mouvement des « gilets jaunes », « le plus violent depuis le début du mouvement, le bilan humain touchant tant les manifestants que les forces de l’ordre ». Ils relèvent aussi le fort engagement de la CRS 43, pour qui « les heurts avec les manifestants ont débuté dès 8 heures du matin ». « Les prévenus n’ont jamais été relevés […], parcourant 18 kilomètres, sans pause […], tout en étant porteurs d’un équipement d’un poids de 15 à 25 kg ».
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