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C’était l’ancienne nurserie de la prison de Roanne (Loire). Et c’est désormais un quartier de prise en charge de la radicalisation (QPR) destiné à l’accueil des femmes djihadistes, notamment la cinquantaine de « revenantes » rapatriées depuis la Syrie entre juillet 2022 et juillet 2023 par les autorités françaises. Quatorze cellules flambant neuves complètement isolées du reste du centre de détention de la sous-préfecture de la Loire.

Ce QPR est le deuxième du pays réservé aux femmes après l’ouverture, en septembre 2021, d’un quartier similaire de seize places à Rennes. Il existe déjà six centres de ce type pour les hommes en France, dont un spécialisé dans la préparation à la sortie de détention.

Celui de Roanne accueillera ses premières détenues la dernière semaine de janvier. « Nous en accueillerons quatre dans un premier temps », indique Sylvie Marion, ancienne responsable de la cellule interrégionale Auvergne-Rhône-Alpes de lutte contre la radicalisation violente, qui vient de prendre la direction de la prison de Roanne. « Au terme de travaux terminés le 21 décembre 2023 représentant un investissement de plus de 1 million d’euros, cette partie du bâtiment pour femmes a été rendue étanche du reste de l’établissement aux niveaux sonore, visuel et physique », précise-t-elle.

Lire aussi le décryptage (2020) : Article réservé à nos abonnés Dans les prisons françaises, le défi de la prise en charge des détenus radicalisés

Pour y accéder, il faut passer un sas octogonal, qui débouche sur un couloir où s’alignent les cellules aux portes repeintes en bleu, réparties de part et d’autre de l’allée au sol gris. L’une d’entre elles est spécialement équipée pour accueillir des détenues en situation de handicap.

Au fond du QPR, deux salles réservées aux activités, dont une équipée d’un écran pour les entretiens familiaux ou judiciaires en visioconférence et, à côté, une petite bibliothèque. Un recueil des hadiths (dires du Prophète) du Coran côtoie la biographie de l’astronaute français Thomas Pesquet, un Scrabble, un ouvrage de cuisine algérienne, La Laïcité pour les nuls (Nicolas Cadène, First Edition, 2016) ou encore Femme, Vie, Liberté, un roman graphique de Marjane Satrapi (L’Iconoclaste, 2023). Une cour de promenade séparée et des salles d’entretien sont aussi disponibles.

Vigilance accrue

En comparaison des conditions de détention ordinaires en France, le quartier de prise en charge de la radicalisation de Roanne repose sur des standards élevés. « Les détenues radicalisées ont accès aux mêmes services que les autres que ce soit en termes de soins, d’unités de vie familiales, de promenade, de sports ou de téléphonie », précise Manon Roy, directrice adjointe de l’établissement, malgré l’étanchéité mise en place avec le reste du centre de détention, qui compte quelque 600 détenus, surtout des longues peines.

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