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Le futur président de la Finlande sera un ancien membre du gouvernement. Selon le décompte de la quasi-totalité des bulletins de ce scrutin dominé par la thématique de la sécurité nationale et des tensions avec la Russie, l’ex-premier ministre conservateur Alexander Stubb et l’ancien ministre des affaires étrangères Pekka Haavisto, donnés favoris, disputeront le second tour de l’élection présidentielle, le 11 février.

M. Stubb est arrivé en tête du premier tour, dimanche 28 janvier, avec 27,2 % des voix, devant M. Haavisto (25,8 %), membre des Verts qui se présentait en indépendant. Un temps évoqué comme possible trouble-fête de cette élection, le candidat d’extrême droite du Parti des Finlandais, Jussi Halla-aho, arrive nettement derrière le duo de tête avec 19 % des voix.

Doté de pouvoirs plus limités que le premier ministre, le chef de l’Etat dirige toutefois la politique étrangère en étroite coopération avec le gouvernement et il est le commandant suprême des forces armées.

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« Quel que soit le candidat que j’affronterai au second tour, je sais que nous aurons un débat constructif, civilisé et de qualité sur les questions difficiles de politique étrangère », a réagi Alexander Stubb sur la chaîne publique Yle après ce résultat. M. Haavisto a, lui, estimé que « les différences apparaîtront clairement au fur et à mesure de la campagne ».

Des relations très dégradées avec la Russie voisine

Restée neutre pendant la guerre froide, la Finlande est devenue l’an dernier le 31e membre de l’OTAN, au grand dam de la Russie avec qui elle partage une frontière longue de 1 340 kilomètres. « L’expérience en matière de politique étrangère a probablement été ce que les gens recherchaient en regardant les deux candidats qui iront au prochain tour », a analysé, pour l’Agence France-Presse, Hanna Ojanen, directrice de recherche en politique à l’université de Tampere. « Ce sont deux hommes politiques très expérimentés et réalistes qui savent de quoi ils parlent », a-t-elle ajouté.

Les relations entre la Finlande et la Russie se sont considérablement détériorées depuis février 2022 et l’offensive russe en Ukraine. Après l’adhésion de son voisin à l’OTAN en avril 2023, Moscou a promis des « contre-mesures ». La Finlande a notamment fait face à un afflux de migrants à sa frontière orientale.

Helsinki a accusé Moscou d’orchestrer une crise migratoire à ses portes et a fermé sa frontière avec la Russie en novembre, une mesure soutenue par l’ensemble des candidats. « La Russie, et en particulier Vladimir Poutine, utilise les êtres humains comme une arme », avait dit Alexander Stubb, jeudi soir, lors du dernier débat télévisé. « Dans ce cas, nous devons faire passer la sécurité de la Finlande en premier », a-t-il ajouté. Helsinki devait « envoyer un message clair que cela ne pouvait continuer », a déclaré, de son côté, Pekka Haavisto, lors de ce même débat.

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Membre de l’Union européenne et de la zone euro, la Finlande avait privilégié après la guerre froide le développement des relations économiques avec son grand voisin, dans l’espoir que cela se traduise par un essor démocratique. Le président sortant Sauli Niinistö, qui se retire après avoir atteint la limite de deux mandats de six ans, s’était enorgueilli d’avoir entretenu des liens étroits avec Vladimir Poutine, avant de devenir l’un des opposants les plus virulents du président russe en Europe.

Différence de personnalité

Dans ce contexte, les candidats à la présidence ont tous défendu l’indépendance de la Finlande et son nouveau rôle en tant que membre de l’OTAN, souligne Hanna Wass, vice-doyenne de la faculté des sciences sociales de l’université d’Helsinki.

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« Les différences relèvent de la nuance » en termes de politique étrangère, abonde Tuomas Forsberg, professeur de politique étrangère à l’Université de Tampere. « Il s’agira davantage d’élire une personnalité, en tenant compte de sa crédibilité, de sa fiabilité et de ses qualités perçues en tant que dirigeant de la politique étrangère », a-t-il ajouté.

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Le conservateur Alexander Stubb, 55 ans, a notamment été le premier ministre de Finlande entre 2014 et 2015 puis ministre des finances du pays. Pekka Haavisto, 65 ans, a occupé plusieurs postes ministériels depuis 1995 et s’est incliné lors des deux dernières élections présidentielles face au président sortant. « Ils ont tous deux une forte expérience en matière de politique intérieure et étrangère, ce que valorisent les électeurs », dit Mme Wass.

Leur vision de la fonction est proche mais leur personnalité diffère, souligne M. Forsberg. « Alex [Stubb] est davantage un représentant de la droite et Haavisto de la gauche, même si Haavisto a essayé de souligner qu’il n’avait rien de rouge, qu’il avait emprunté une voie médiane en tant que Vert », selon lui.

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Le Monde avec AFP

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