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Le Conseil constitutionnel sénégalais a publié, samedi 20 novembre, une liste définitive de 20 candidats à l’élection présidentielle du 25 février sur laquelle ne figure pas Karim Wade, fils et ministre de l’ex-président Abdoulaye Wade. La liste comprend le candidat du camp présidentiel, le premier ministre Amadou Bâ, les anciens chefs de gouvernement et opposants Idrissa Seck et Mahammed Boun Abdallah Dionne, l’ancien maire de Dakar Khalifa Sall, ainsi que Bassirou Diomaye Diakhar Faye, présenté comme le candidat de substitution à l’opposant emprisonné Ousmane Sonko.

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M. Faye, 43 ans, membre du parti dissous de M. Sonko, est pourtant lui aussi détenu, mais il n’a pas encore été jugé. Ousmane Sonko, personnage central d’un bras de fer de plus de deux ans avec l’Etat qui a donné lieu à plusieurs épisodes de troubles meurtriers, ne figure pas sur la liste, comme cela était attendu. Populaire parmi les jeunes, il était donné parmi les favoris de la présidentielle. Le Conseil constitutionnel avait écarté sa candidature le 5 janvier en raison d’une condamnation définitive pour diffamation à six mois de prison avec sursis, une affaire qui l’avait opposé à un ministre membre du camp présidentiel.

Dans un autre dossier, il a été déclaré coupable, en juin 2023, de débauche de mineure et condamné à deux ans de prison ferme, puis écroué fin juillet sous d’autres chefs d’inculpation, dont appel à l’insurrection, association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste et atteinte à la sûreté de l’Etat. M. Sonko a dénoncé un complot pour l’empêcher de participer à l’élection présidentielle de février 2024, ce que le pouvoir dément.

La liste publiée par le Conseil constitutionnel inclut par ailleurs deux femmes, Rose Wardini, gynécologue et actrice de la société civile, et l’entrepreneuse Anta Babacar Ngom.

La double nationalité de Karim Wade en cause

L’opposant Karim Wade, fils et ministre de l’ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012), en est absent en raison d’une candidature jugée « irrecevable » à cause de sa double nationalité française et sénégalaise, selon le Conseil constitutionnel. Tout candidat à la présidence « doit être exclusivement de nationalité sénégalaise, jouir de ses droits civils et politiques, être âgé de 35 ans au moins et de 75 ans au plus le jour du scrutin », dit la Constitution. Il doit aussi savoir écrire, lire et parler couramment la langue officielle, le français.

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Karim Wade, né en France d’un père sénégalais et d’une mère d’origine française, a produit une déclaration sur l’honneur datée du 21 décembre 2023 selon laquelle il a exclusivement la nationalité sénégalaise, a indiqué le Conseil. Or le document de preuve qu’il a présenté est un décret daté du 16 janvier publié le lendemain au Journal officiel de la République française. La juridiction estime que les effets du décret consacrant la perte par Karim Wade de sa nationalité française « ne sont pas rétroactifs » et que sa déclaration sur l’honneur était « inexacte » au moment de son dépôt. L’ancien ministre Thierno Alassane Sall, lui-même candidat, avait indiqué avoir déposé lundi un recours contre la candidature de M. Wade, la jugeant anticonstitutionnelle.

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A un peu plus d’un mois de l’échéance, l’incertitude est totale quant à l’issue de l’élection, qui comprend deux tours. Le Sénégal organise pour la première fois une élection présidentielle sans la participation du président sortant. Le président Macky Sall, élu en 2012 pour sept ans et réélu en 2019, a déclaré en juillet 2023 qu’il ne se représenterait pas. Il a choisi en juillet 2023 le premier ministre Amadou Bâ pour lui succéder, un choix qui a été contesté par des responsables de la majorité, dont l’ancien premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne et l’ancien ministre Aly Ngouille Ndiaye, qui figure parmi les 20 candidats retenus.

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Le Monde avec AFP

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