Meilleures Actions
Histoires Web mercredi, juillet 17
Bulletin

A la veille de l’installation de son groupe inédit de 125 députés, le Rassemblement national (RN) voit son horizon judiciaire s’assombrir. Le parquet de Paris a confirmé l’ouverture, le 2 juillet, d’une information judiciaire portant sur des soupçons de financement illicite de la campagne de Marine Le Pen lors de l’élection présidentielle de 2022, comme l’avait révélé BFM-TV, mardi 9 juillet.

Les chefs retenus sont lourds : « prêt d’une personne morale à un candidat en campagne électorale », « acceptation par un candidat en campagne de prêt d’une personne morale », « détournement de biens par des personnes exerçant une fonction publique », « escroquerie commise au préjudice d’une personne publique », « faux et usage de faux ». Aucun détail n’a été donné par le ministère public sur la nature des soupçons.

Une enquête préliminaire avait été ouverte à la suite d’un signalement au parquet, en 2023, de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), et les investigations confiées à la brigade financière de la police judiciaire parisienne. L’avocat du RN Rodolphe Bosselut a affirmé au Monde qu’à ce stade, le parti d’extrême droite n’avait fait l’objet « d’aucune audition ni perquisition », et dit ne connaître aucun des faits étant reprochés à la campagne de Marine Le Pen.

Contrat rompu

Selon les recoupements du Monde, le signalement de la CNCCFP aurait porté notamment sur le contrat passé par la candidate avec une société Intec Conseil, pour la réalisation d’un nouveau système informatique. Un contrat dont la teneur a interrogé la CNCCFP, tant du point de vue des prestations réellement fournies par une société sans aucune expérience en la matière que du prix affiché de ces prestations, facturées à l’association de financement (AFE MLP 2022). Ce contrat, partiellement rempli, a été attribué indirectement à un proche du directeur de cabinet de la candidate.

Conclu le 15 juillet 2021 entre Intec Conseil et le président de l’AFE MLP 2022, l’eurodéputé (RN) Jean-Paul Garraud, le « contrat de prestations de services » prévoyait la conception, l’installation et la sécurisation d’un « système informatique sécurisé » à destination des équipes de la candidate, et ce, jusqu’au terme de la campagne – en avril 2022.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Jordan Bardella connaît ses premières secousses à la tête du RN

Les deux parties ont pourtant mis un terme à leur convention dès le 30 novembre 2021, « de façon anticipée », à l’exception de prestations portant sur des équipements (location de matériel et logiciels). Le système informatique envisagé n’a donc pas été déployé. « La seule raison pour laquelle le contrat a été interrompu a été d’ordre financier », répondra, en novembre 2022, Marine Le Pen à la CNCCFP, expliquant que son association de financement « ne disposait pas du budget suffisant pour honorer ses engagements contractuels ».

Il vous reste 68.82% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
© 2024 Mahalsa France. Tous droits réservés.