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Ce fut une première compliquée pour le nouveau gouvernement indépendantiste, parvenu aux affaires en Polynésie française en mai 2023. L’adoption, en décembre, du budget 2024 du territoire, a fait tanguer la majorité du président, Moetai Brotherson, autour de son parti, le Tavini Huiraatira, tandis que l’opposition s’engouffrait dans la brèche avec l’autonomiste Edouard Fritch, son prédécesseur et soutien d’Emmanuel Macron sur le territoire.

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Problème « conjoncturel et résolu », affirme M. Brotherson, que Le Monde a rencontré à Paris, jeudi 25 janvier. « Nous étions le nez sur le guidon depuis notre élection et n’avons pas trouvé assez de temps pour la concertation », justifie-t-il. Le président polynésien doit crédibiliser son programme – cruciales, les réformes des comptes sociaux et de la fiscalité prendront plus de temps car elles ne font pas consensus.

Il se sait aussi attendu sur la façon dont il entend porter l’émancipation du territoire, entre son mentor Oscar Temaru et le président de l’assemblée locale jugé plus radical que lui dans le parti, Antony Geros. « Le Tavini est le seul parti resté vivant et entier chez nous depuis sa création en 1977, et il fonctionne avec des courants ; c’est inhabituel pour l’ancienne garde politique qui a vécu la “dictature éclairée” de Gaston Flosse et n’a pas l’habitude des débats internes », ironise-t-il.

Pendant une heure et demie, à l’Elysée, le 7 juin 2023, le vainqueur des élections territoriales avait exposé son projet indépendantiste à un chef de l’Etat soucieux de comprendre. « Le président était curieux de savoir comment on peut arriver à l’objectif, avec quelles masses financières ». Paris verse en effet chaque année 1,5 milliard d’euros à la Polynésie et ses 280 000 habitants, soit 30 % du produit intérieur brut de l’archipel.

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Moetai Brotherson n’endosse pas la position du Tavini – commencer par la consultation du peuple. « Avant un référendum, il faut avoir démontré qu’on a résolu la majeure partie de l’équation. Le président apprécie la démarche qui consiste à dire que cela se prépare. » Quitte à temporiser, il a trouvé un interlocuteur avec qui dialoguer de manière rationnelle.

« Être dans l’opérationnel »

Depuis, Emmanuel Macron a associé le président polynésien à ses rendez-vous bilatéraux avec les dirigeants des pays du Pacifique, visités en juillet 2023. Et Moetai Brotherson a été reçu « comme un chef d’Etat en Corée du Sud, ce qui en d’autres temps aurait été un casus belli », raconte-t-il. Aucune discussion n’a cependant été ouverte avec l’exécutif à Paris sur « la mise en place d’un processus d’autodétermination », comme il est engagé en Nouvelle-Calédonie. « J’espère que le dialogue pourra démarrer [en 2024] », précise le responsable polynésien.

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