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Hasard du calendrier, c’est quand le monde agricole est en pleine ébullition, multipliant, depuis la mi-janvier, les mobilisations que le Haut Conseil pour le climat (HCC) publie, jeudi 25 janvier, ses préconisations pour l’agriculture et l’alimentation eu égard aux enjeux climatiques.

Au désarroi qu’expriment nombre d’agriculteurs, qui dénoncent leurs faibles revenus, la concurrence déloyale des importations et l’empilement de contraintes administratives, le HCC répond qu’une planification de long terme, avec des mesures d’accompagnement et de transition, peut permettre à l’agriculture d’être plus résiliente face aux crises. Si l’organisme reste prudent dans ses formulations, ses recommandations impliquent une inflexion majeure des politiques actuelles.

Le souhait d’élaborer un rapport thématique sur l’agriculture et l’alimentation avait été exprimé dès la mise en place, en 2018, de cette instance indépendante chargée d’évaluer et de conseiller l’action gouvernementale pour le climat. L’alimentation représente la deuxième source d’émissions de gaz à effet de serre en France (22 %), mais c’est un secteur complexe à appréhender, qui compte une multitude d’acteurs et d’intermédiaires et présente de nombreux freins à la transition.

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« Dans le domaine agricole, la complexité des processus biologiques en jeu fait qu’il est plus difficile d’identifier les solutions bas carbone, souligne la climatologue Corinne Le Quéré, présidente du HCC. Mais surtout, la production agricole est imbriquée dans un système alimentaire. Or les acteurs de la transformation, de la distribution, de la restauration sont peu impliqués dans la transition. »

Le défi auquel fait face le secteur agroalimentaire est triple, note le rapport − « réduire les émissions de gaz à effet de serre qu’il engendre, augmenter le stockage de carbone dans les sols agricoles et se préparer à un climat plus chaud de + 2,5 °C à court terme et possiblement de + 4 °C à plus long terme ». Pourtant, à ce jour, « les politiques agricoles et alimentaires sont peu mobilisées » pour répondre à ces défis.

« Besoin de transformations profondes »

Certes, le secteur a diminué ses émissions de gaz à effet de serre de 7,9 % entre 2015 et 2023 et a, jusqu’à présent, tenu les budgets carbone qui lui étaient assignés. Mais l’agriculture était « le secteur ayant la cible de réduction d’émissions la plus faible », fait valoir le rapport, et la baisse de ses émissions est moins due aux politiques mises en place qu’aux difficultés économiques des filières.

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