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C’est l’une des plus anciennes associations françaises consacrées à la lutte contre les messages illégaux sur Internet, mais elle pourrait disparaître dans les prochains mois. Point de contact, qui existe depuis 1998, est en faillite. Malgré un plan d’économies, il lui manque 95 000 euros pour boucler son budget. La faute, pêle-mêle, à la disparition surprise d’une subvention et à des désaccords stratégiques entre certains de ses membres, qui pourraient aboutir au licenciement des cinq salariés de cette petite structure. Et à sa dissolution.

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Point de contact est avant tout un centre de signalements : les internautes confrontés à des contenus illégaux, violents ou choquants, peuvent les faire remonter à l’association, qui traite et transmet les messages, le cas échéant, à la plate-forme du ministère de l’intérieur, Pharos. A l’origine, l’association était une sous-partie du lobby français des fournisseurs d’accès à Internet, qui mutualisaient ainsi leur obligation légale de proposer un centre de signalement à leurs utilisateurs. Avec le temps, la structure a évolué : les fournisseurs d’accès sont partis et ont été remplacés par les grandes plates-formes, comme TikTok, Google et Meta.

En parallèle, l’association s’est spécialisée dans la lutte contre les contenus pédopornographiques, tout en continuant de développer des missions sur d’autres sujets : harcèlement, radicalisation en ligne… Cette dernière thématique était, jusqu’en 2023, un point-clé de l’équilibre financier de l’association : en 2020, elle avait obtenu du comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR), qui dépend du ministère de l’intérieur, une subvention de 225 000 euros par an, pendant trois ans, dans le cadre de mesures prises après l’assassinat de Samuel Paty. Mais, en 2023, la troisième échéance de la subvention n’a pas été versée, sans aucune explication, assure Point de contact. Le budget annuel est automatiquement passé au rouge.

Plan stratégique pas clair

« J’ai proposé un plan d’économies, avec deux licenciements, pour lequel il fallait malgré tout trouver encore 95 000 euros », explique Jean-Christophe Le Toquin, président de la structure. Une première assemblée générale extraordinaire, le 20 février, a échoué à convaincre tous les membres de verser une contribution exceptionnelle pour passer l’année 2024, comme l’avait révélé le site L’Informé. Une nouvelle rencontre avec un nouveau membre, potentiellement prêt à mettre au pot, était prévue jeudi 29 février. Elle n’a finalement pas eu lieu.

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