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Ce mardi 23 janvier, il n’y a plus une place dans les gradins en bois de l’amphithéâtre Verniquet du Muséum national d’histoire naturelle, à Paris. De nombreuses personnalités sont réunies pour réfléchir aux conséquences d’une France à + 4 °C.

Le paléoclimatologue Jean Jouzel croise des élus locaux, les PDG du spécialiste de la gestion de l’eau et des déchets Veolia et de l’assureur MAIF discutent de l’« assurabilité » du monde à venir. Sur la scène, des chercheurs, la glaciologue Heïdi Sevestre ou l’écologue Sandra Lavorel, médaille d’or du Centre national de la recherche scientifique 2023, échangent sur le défi de l’adaptation.

Au détour d’une phrase, Jean-Marc Jancovici, apôtre médiatique de la décroissance énergétique, rappelle que le CO2 émis en Europe ne connaît pas les frontières et contamine l’ensemble de l’atmosphère. « Un petit détail qui avait d’ailleurs échappé [au premier ministre] Gabriel Attal quand je l’avais vu il y a deux ans, j’espère que, depuis, il s’est mis à jour », ironise le président du Shift Project. Rires de la salle. Assis au premier rang, Christophe Béchu, le ministre de la transition écologique, ne bronche pas.

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La saillie est pourtant cruelle. Il y a peu, Gabriel Attal, désormais « chargé de la planification écologique et énergétique », ne connaissait donc pas une des notions de base de la science climatique. L’anecdote renforce encore un peu plus les doutes sur son réel intérêt pour ce défi aux très multiples enjeux. Depuis sa nomination, le chef du gouvernement n’en a presque pas parlé, évoquant seulement, lors de la passation des pouvoirs avec Elisabeth Borne, l’impératif de « garantir l’avenir de notre planète ». Des mots extrêmement vagues.

La première séance de rattrapage est programmée le mardi 30 janvier. Le premier ministre devrait consacrer l’un des quatre « blocs » de son discours de politique générale à la planification écologique, une stratégie censée mettre la France sur la voie de la neutralité carbone en 2050. Il a travaillé cette partie de son intervention avec son conseiller Antoine Pellion, également secrétaire général à la planification écologique (SGPE).

Secousses très fortes

Mais, au milieu d’une crise agricole au cours de laquelle il a déjà annoncé dix mesures de « simplification » dirigées contre le droit de l’environnement, pourra-t-il adopter une tonalité ambitieuse ? « Il faut absolument qu’il rappelle la hauteur de la marche, affirme Anne Bringault, directrice des programmes de Réseau Action Climat. Car il y a une tentation de plus en plus visible de la camoufler, comme si l’exécutif se disait “c’est bon, on a fait le job”, et tout va se faire naturellement. »

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