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« Notre océan nous envoie des signaux de détresse », a constaté le premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, lors de la conférence Notre Océan, qui s’est tenue du 15 au 17 avril à Athènes en présence de délégations de quelque cent vingt pays. Alors que des initiatives pour la pêche durable se développent au niveau local, le dirigeant a annoncé que la Grèce allait « interdire le chalutage de fond dans les parcs nationaux d’ici à 2026 et dans toutes les zones marines protégées d’ici à 2030 ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Les aires marines européennes ne sont pas protégées de la pêche au chalut

Deux parcs nationaux marins supplémentaires seront créés, un dans la mer Ionienne, où vivent de nombreux mammifères marins et des tortues caouannes (caretta caretta), et un dans la mer Egée, où se trouvent d’importantes colonies d’oiseaux rares, augmentant la taille des zones marines protégées en Grèce de 80 % pour couvrir un tiers des eaux territoriales, a déclaré le leader conservateur. Athènes a ainsi décidé d’allouer 780 millions d’euros à la protection des écosystèmes marins.

La pêche au chalut, qui consiste à racler les fonds marins avec d’immenses filets pour ramasser des poissons de toutes tailles, est la pratique la plus néfaste pour la biodiversité. Une étude scientifique publiée en janvier dans la revue Frontiers in Marine Science révèle également que cette technique contribue à libérer énormément de CO2, « jusqu’à 370 millions de tonnes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère chaque année ».

Une pratique responsable à Amorgos

Dans un communiqué commun, les associations de défense de la nature ont salué l’annonce de Kyriakos Mitsotakis, mais restent prudentes : « Il faut garantir que le chalutage de fond ne soit pas déplacé vers d’autres zones de haute valeur écologique et que les mécanismes de contrôle nécessaires soient mis en place. » Pour WWF Grèce, « sans action réelle, une fois de plus, les engagements du pays resteront sur le papier ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés L’impact élevé de la pêche industrielle sur l’environnement

L’ONG propose de se fonder sur le projet que ses chercheurs ont mené depuis 2013 en coordination avec le gouvernement grec sur l’île de Gyaros (17,6 km2), près de laquelle se trouve la première aire marine protégée de l’archipel des Cyclades créée en 2019. Grâce à une surveillance accrue avec des radars, des drones, des caméras infrarouges, autour de l’îlot qui abrite notamment des phoques moines, la navigation des bateaux a été largement réduite. Entre 2015 et 2022, les activités illégales de pêcheurs professionnels dans la zone ont diminué de 85 %, et celles des pêcheurs amateurs, de 55 %.

Un filet de pêche sur un quai à Katapola, à Amorgos (Grèce), le 4 avril 2024.

Sur l’île cycladique d’Amorgos (126,3 km²), la quarantaine de pêcheurs n’a pas attendu l’annonce du premier ministre sur l’interdiction du chalutage pour s’engager dans une pratique responsable et durable de la pêche. Ayant constaté depuis plusieurs années que les stocks de poissons diminuent et que les plastiques se multiplient sur les rivages de l’île, ils ont décidé de créer l’association Amorgorama, avec le soutien financier de deux fondations engagées pour l’environnement, le Cyclades Preservation Fund et la Blue Marine Foundation.

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