
L’Union européenne (UE) a revu à la hausse, lundi 30 mars, ses quotas de pêche de maquereaux en 2026 dans l’Atlantique Nord, contre l’avis des scientifiques qui alertent sur les risques pour l’espèce.
Fuyant le réchauffement climatique, le maquereau de l’Atlantique a migré vers le nord pour se retrouver pris au piège de la surpêche, dans un contexte de désaccords géopolitiques. L’espèce est tombée dans une zone de danger où sa reproduction n’est plus assurée. En décembre, les pays de l’UE avaient d’abord suivi la recommandation scientifique du Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM), qui fait autorité, actant une baisse de 70 % des captures en 2026 par rapport à 2025.
Mais l’UE accuse le Royaume-Uni, la Norvège, les îles Féroé et l’Islande de trop puiser dans la ressource. La pêche est d’ailleurs l’un des points les plus inflammables des discussions entre Bruxelles et l’Islande, qui pourrait reprendre ses négociations d’adhésion à l’UE, si le oui l’emporte lors d’un référendum fin août dans le pays.
Faute de parvenir à un accord avec eux sur la réduction drastique de la pêche, les pays européens ont finalement décidé de s’en tenir à une baisse de 48 % des captures, s’alignant sur les pays voisins. L’Union répond ainsi aux alertes des pêcheurs français qui réclamaient « d’harmoniser l’effort de réduction avec celui des pays nordiques » et de « limiter la brutalité de la baisse » des quotas.
299 000 tonnes de captures
Pour 2026, le CIEM recommandait de diviser par quatre la pêche de maquereaux dans l’Atlantique Nord, pour atteindre environ 174 000 tonnes en 2026, pour les pays de l’UE et hors UE. La baisse de 48 % correspond à environ 299 000 tonnes de captures, soit près du double.
La France ne s’est pas opposée à cette révision à la hausse des quotas. Mais, à plus long terme, la ministre déléguée de la pêche et de la mer française, Catherine Chabaud, a réclamé que l’UE se « remette autour de la table pour négocier un accord multilatéral » avec les pays voisins sur le maquereau, afin « d’éviter la surpêche », car il « est urgent de ne pas trop pressuriser la ressource ».




