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C’est modestement vêtue d’un ensemble marron rehaussé d’une étole et d’un turban bleu vif, sans porter aucun bijou, que Pascaline Bongo s’est présentée au tribunal correctionnel de Paris, lundi 29 janvier, pour répondre des faits de « corruption passive d’agent public étranger » dans une affaire datant du début des années 2010.

La sœur du président gabonais Ali Bongo Ondimba, renversé par un coup d’Etat il y a tout juste cinq mois, est soupçonnée par la justice française d’avoir noué, contre la promesse de 8 millions d’euros, un « partenariat fictif » avec l’entreprise française Egis Route afin de la favoriser dans l’attribution de marchés publics au Gabon.

Aux côtés de celle qui était lors des faits la « haute représentante personnelle » du chef de l’Etat gabonais, son avocate de l’époque Danyèle Palazo-Gauthier et l’homme d’affaires français d’origine gabonaise Franck Ping, poursuivis pour « complicité de corruption passive ». Face à eux, également dans le box des accusés, se tiennent trois corrupteurs présumés de la filiale du géant français Egis, son ex-directeur commercial chargé des activités Afrique, Christian Laugier, ainsi que les anciens cadres Yannick Couegnat et Gérard Vallat.

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Cette première journée a vu les requêtes de la défense de Mme Bongo repoussées à jeudi, à l’issue des quatre jours de procès. « Nous demandions que la justice se déclare dès aujourd’hui incompétente car les infractions présumées se seraient déroulées au Gabon et non en France, argumente Me Corinne Dreyfus-Schmidt. Et qu’elle sanctionne de nullité les nombreuses irrégularités de procédure. Nous sommes très déçus. On reproche à Pascaline Bongo d’être soit la sœur de son frère, soit la fille de son père. Elle est un trophée. »

« Biens mal acquis » : le procès s’ouvrira en 2026 à Paris

Celle qui fut en effet la puissante et adorée directrice du cabinet de son père, le président Omar Bongo, qui dirigea le Gabon de 1967 jusqu’à sa mort en 2009, est par ailleurs poursuivie avec d’autres personnalités du clan dans l’affaire dite des « biens mal acquis », dont le procès s’ouvrira au premier semestre 2026 à Paris. En cause, le gigantesque patrimoine immobilier et mobilier constitué en France dès le début des années 1970 par dix des descendants de Bongo père et estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros. A la mi-janvier, la cour d’appel de Paris a rejeté le recours Pascaline et deux autres enfants Bongo, contre leur mise en examen dans ce dossier. En août et en décembre 2023, une dizaine de biens avaient été saisis dans des quartiers huppés de Paris, en Provence ou sur la Côte d’Azur.

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