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Après sept ans d’existence, Parcoursup recense quelque 23 000 formations contre 10 700 à ses débuts en 2018. Chaque année, la plate-forme d’affectation dans l’enseignement supérieur étoffe son offre. Mais jamais elle ne décide de la réduire, quand bien même une formation aurait dérogé à la charte qui la régit.

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C’est l’une des critiques adressées lundi 4 mars dans son rapport annuel par le comité éthique et scientifique de Parcoursup, animé par Gilles Roussel, président de l’université Gustave-Eiffel. « Il n’existe aucun moyen juridique de retirer une formation dans laquelle des dysfonctionnements ont été constatés, pointe l’une des sept membres, Isabelle Roussel, inspectrice générale honoraire. Il faut un dispositif efficace de contrôle et de sanction avec les moyens humains et matériels pour effectuer ces contrôles. »

En votant en 2018 la loi Avenir professionnel, qui a libéralisé le secteur de la formation par apprentissage, le législateur a omis de prévoir quelconque sanction en cas de défaillance voire de tromperie, par exemple sur la nature de la formation dispensée. « Le seul contrôle prévu est celui de [la certification] Qualiopi », poursuit Mme Roussel, ce qui ne constitue pas une garantie puisqu’il n’atteste pas de la qualité pédagogique des formations.

Un label « éduscore »

Sur Parcoursup, les formations en apprentissage sont à 69 % dispensées par des établissements privés dont 37 % sont hors contrat avec l’Etat. Hors apprentissage, le secteur privé ne représente plus que 22 % des formations dont 1 % sont hors contrat.

Une solution retient l’attention du comité : la création d’un label « éduscore » sur le modèle du « Nutri-Score » qui, sur la base d’un certain nombre de critères, indiquerait la performance qualitative de chaque formation inscrite sur Parcoursup, qu’elle soit privée ou publique.

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Alors que le ministère de l’enseignement supérieur travaille à l’élaboration d’un nouveau label pour les formations privées, le rapport suggère d’ajouter des informations instructives telles que la date de création de la formation, la composition de l’équipe pédagogique, la part d’enseignements en présentiel et en distanciel, ainsi que la nature des diplômes et les possibilités de poursuite d’études.

Constituer des banques d’épreuves standardisées

Lors de l’examen des vœux par les formations, « la transparence nécessaire n’est pas encore atteinte », observe le comité éthique et scientifique qui rappelle le poids du préclassement des candidats. Les jurys de l’enseignement supérieur doivent « assumer » leurs critères et les « expliciter sans risque ». « Plusieurs formations expliquent publiquement aux parents qu’elles tiennent compte de l’enseignement de spécialité pour classer leurs candidats, et comment elles pondèrent les notes, en précisant les coefficients. Mais ces informations ne figurent pas toujours dans la grille d’analyse publique présente sur Parcoursup », relève le rapport.

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