Meilleures Actions
Histoires Web mercredi, février 21
Bulletin

A quelques jours des élections, l’ancien premier ministre pakistanais Imran Khan, ainsi que Shah Mehmood Qureshi, ancien ministre des affaires étrangères et numéro deux du parti Pakistan Tehrik-e-Insaf (Mouvement du Pakistan pour la justice, u PTI), ont été condamnés à dix ans de prison pour une affaire de divulgation de documents classifiés, ont annoncé, mardi 30 janvier, son parti et les médias publics.

Le jugement a été rendu dans la prison d’Adiala, à Rawalpindi, où Imran Khan, qui doit répondre à des accusations dans des dizaines d’affaires et a été déclaré inéligible pour cinq ans, est incarcéré quasiment depuis son arrestation, en août dernier.

Cette condamnation survient à moins de dix jours des élections législatives et provinciales du 8 février, dont la campagne a été entachée d’accusations de fraudes et de répression contre le PTI, le parti fondé par Imran Khan.

Au cœur de cette affaire : un câble diplomatique de l’ambassadeur du Pakistan aux Etats-Unis, qu’Imran Khan a présenté comme la preuve d’un complot américain contre lui, soutenu par les militaires pakistanais. Les Etats-Unis et l’armée pakistanaise ont démenti cette affirmation.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Pakistan : écroué, Imran Khan voit s’éloigner les chances d’un retour en politique

« Un simulacre de justice »

Imran Khan avait été inculpé en octobre, en vertu de la loi sur les secrets officiels, qui date de l’époque coloniale. Le procès s’est tenu au sein de la prison d’Adiala, en présence seulement de ses avocats, de quelques proches et de rares journalistes. Le PTI a dénoncé « un simulacre de justice, sans accès pour la presse et le public », et a annoncé son intention de faire appel.

« C’est une parodie de justice. Apparemment, c’est destiné à l’empêcher d’avoir la majorité au Parlement, mais sa popularité va rebondir, car le nombre de ses supporteurs va augmenter après cette grosse injustice », a estimé Tauseef Ahmed Khan, défenseur des droits et analyste politique.

Ancienne star du cricket, Imran Khan, arrivé au pouvoir en 2018 et destitué par une motion de censure en avril 2022, jouit d’un immense soutien populaire au Pakistan. Mais sa campagne de défiance à l’égard du puissant establishment militaire a été suivie d’un sévère retour de bâton.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Les métamorphoses d’Imran Khan, l’ancien premier ministre du Pakistan

Violentes manifestations après son arrestation

Son arrestation en mai dernier a provoqué l’ire de ses partisans, qui ont déclenché de violentes manifestations. Les autorités ont répliqué en arrêtant massivement sympathisants et dirigeants du parti. Le PTI s’est retrouvé paralysé à l’approche du scrutin : ses rassemblements ont été de fait interdits, le symbole du parti a été interdit, et des dizaines de ses candidats n’ont pas été autorisés à se présenter.

Le Monde Application

La Matinale du Monde

Chaque matin, retrouvez notre sélection de 20 articles à ne pas manquer

Télécharger l’application

Imran Khan accuse l’armée – qui l’avait aidé à accéder au pouvoir en 2018 mais dont il a depuis perdu le soutien, selon les analystes – de chercher à l’empêcher de reprendre la tête du pays.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Au Pakistan, le marasme économique s’ajoute à la crise politique

La Ligue musulmane du Pakistan (PML-N), le parti de l’ancien premier ministre Nawaz Sharif, qui a été trois fois chef du gouvernement sans jamais achever aucun de ses mandats, est le favori des élections.

Nawaz Sharif est rentré au Pakistan en octobre après quatre ans d’exil à Londres. Certains analystes politiques estiment qu’il a passé un accord avec les militaires, qu’il accusait il y a encore peu de l’avoir évincé du pouvoir en 2017 pour favoriser la victoire électorale d’Imran Khan un an plus tard. L’armée a été au pouvoir pendant près de la moitié des 75 ans d’existence du pays et continue à exercer une influence politique considérable.

Le Monde avec AFP

Share.
© 2024 Mahalsa France. Tous droits réservés.