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Un long marathon puis la délivrance. Jannik Sinner se rappellera longtemps de son entrée au palmarès des vainqueurs de Grand Chelem. Dans un combat de plus de trois heures et quarante-cinq minutes, l’Italien a remonté un retard de deux sets pour l’emporter contre le Russe Daniil Medvedev (3-6, 3-6, 6-4, 6-4, 6-3) en finale de l’Open d’Australie de tennis, dimanche 28 janvier. Les deux hommes se sont livrés un bras de fer épique, achevé le visage hagard et le souffle court.

Pouvait-il en être autrement dans un tournoi émaillé de surprises, aux fins de match erratiques et aux renversements digne d’une série Netflix ? Avant de se présenter en finale, Medvedev avait déjà passé vingt heures et trente-trois minutes de labeur sur les courts, poussé jusqu’au 4set par le Français Térence Atmane et le Portugais Nuno Borges, et au 5e set par le Finlandais Emil Ruusuvuori, le Polonais Hubert Hurkacz et l’Allemand Alexander Zverev. Soit presque six heures de plus que son adversaire. Jannik Sinner, lui, avait créé la surprise en faisant tomber le grandissime favori, dix fois vainqueur à Melbourne, le Serbe Novak Djokovic, en demi-finale (6-1, 6-2, 6-7, 6-3).

Pour la première fois depuis 2005, la finale de l’Open d’Australie se déroulait donc sans la présence d’un des membres du « Big Three » : Rafael Nadal, Roger Federer et Novak Djokovic. Une opportunité pour Medvedev, qui disputait sa cinquième finale en Grand Chelem, sa troisième sur la Rod Laver Arena après celle de 2021 – il avait été battu par Novak Djokovic – et celle de 2022 – il avait été battu par Nadal alors qu’il menait deux sets à rien. Cette fois, c’est donc un Italien de 22 ans, néophyte à ce stade de compétition, qui lui aura barré la route.

L’Italien revient de loin

Regard fixe et concentration maximale, Daniil Medvedev a longtemps semblé intouchable dans cette finale, juste tactiquement, redoutable physiquement. Acculant son adversaire en fond de court, le Russe a tiré parti de la nervosité de Jannik Sinner pour rapidement faire le break dans le premier set (1-2), avant de confirmer d’un jeu blanc achevé sur un ace autoritaire.

Sous un visage serein, diamétralement distinct de celui qu’on lui avait connu en demi-finale face à Zverev, il a creusé l’écart (six aces en quatre jeux de service), confirmant à nouveau son break par un jeu blanc dans la deuxième manche (4-1). Rien ne semblait pouvoir priver le Russe d’un premier sacre à Melbourne… C’est mal connaître le tennis.

Les prémices du sursaut de l’Italien, conjugué à de premiers signes de fatigue du Russe, ont marqué la fin du deuxième set, où Sinner s’offrait une balle de débreak pour revenir à 5-4. Perdue, mais la confiance changeait alors de camp. Dans un troisième acte disputé, le Russe aurait pu s’offrir un sprint final en majesté, menant le jeu à 4-4, mais une première balle de break obtenue par l’Italien faisait basculer le match.

Pénalisé par ses nombreuses fautes directes, émoussé physiquement, le finaliste des éditions 2021 et 2022 s’est retrouvé embarqué dans un cinquième set qui n’augurait rien de bon. S’il disputait sa première finale en Majeur, Jannik Sinner restait sur une série de trois victoires de rang face à son adversaire à Pékin, à Vienne et au Masters. Libéré physiquement dans ses courses, conscient que le temps jouait en sa faveur, l’Italien a pris l’ascendant.

« J’espère que tu pourras soulever aussi ce trophée »

Sur un dernier coup droit foudroyant, Jannik Sinner a parachevé sa prise de pouvoir. Il offre à l’Italie un premier titre en Grand Chelem depuis le sacre d’Adriano Panatta, à Roland-Garros, en 1976. Il est devenu aussi le plus jeune vainqueur de l’Open d’Australie depuis Novak Djokovic en 2008.

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« C’était un énorme tournoi pour moi, je veux remercier tout le monde, a expliqué le numéro 4 mondial après son sacre. Le soutien a été fou pendant ces deux semaines, je me suis senti à la maison, il y avait 15 000 personnes mais j’avais l’impression qu’il y en avait beaucoup plus. »

Le jeune homme a aussi rendu hommage à son adversaire : « Daniil, on a joué beaucoup de finales l’un contre l’autre et à chaque match tu fais de moi un bien meilleur joueur, tu as été incroyable tout le tournoi, tu courais sur chaque balle. J’espère que tu pourras soulever aussi ce trophée et je te souhaite le meilleur pour le reste de la saison. »

Le Russe, joues creusées, visage marqué, a salué la performance de son bourreau du jour. « Félicitations, tu mérites ce trophée, tu as élevé encore ton niveau (…) ce ne sera probablement pas ton dernier Grand Chelem », a déclaré le Russe. Avant de glisser tout de même : « J’espère que le prochain sera pour moi. »

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