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Amener le parc nucléaire français à fonctionner aussi longtemps que possible est un processus de longue haleine. Les travaux visant à prolonger de dix ans la durée de vie des trente-deux réacteurs les plus anciens, d’une capacité de 900 mégawatts (MW), ne seront pas terminés avant 2036. Et, déjà, d’autres chantiers se profilent : dans deux ans, le premier des vingt réacteurs d’une capacité de 1 300 MW, mis en service entre 1984 et 1994, atteindra à son tour l’âge de 40 ans, sur le site de Paluel, en Seine-Maritime.

Bien en amont des quatrièmes visites décennales de ces installations – des examens approfondis qui conditionnent la poursuite de fonctionnement pour dix années supplémentaires –, une concertation publique a été lancée, jeudi 18 janvier. Jusqu’à la fin juin, les citoyens sont invités à s’informer et à s’exprimer, par le biais d’une plate-forme en ligne et lors de réunions et d’ateliers, sur les conditions de sûreté dans lesquelles ces réacteurs de 1 300 MW, situés sur huit centrales – Belleville-sur-Loire (Cher), Cattenom (Moselle), Flamanville (Manche), Golfech (Tarn-et-Garonne), Nogent-sur-Seine (Aube), Paluel, Penly (Seine-Maritime) et Saint-Alban-du-Rhône (Isère), peuvent être prolongés jusqu’à 50 ans.

« Il est indispensable que, sur un sujet aussi important, le public ait son mot à dire, rappelle Christine Noiville, la présidente du Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire, qui porte cette concertation. En 2027, des enquêtes publiques auront lieu réacteur par réacteur, mais il est bien que les citoyens puissent intervenir dès maintenant, avant que les décisions soient prises. » L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) devrait rendre un avis générique sur la prolongation de ces réacteurs en 2025, avant un examen au cas par cas.

Priorité de la politique énergétique

« Passer de quarante ans d’exploitation à cinquante, voire à soixante ans ou plus, cela questionne, ajoute Jean-Claude Delalonde, président de l’Association nationale des comités et commissions locales d’information. Il faut que les enjeux, techniques mais pas seulement, soient expliqués le plus en amont possible. »

La prolongation des cinquante-six réacteurs du parc actuel, souhaitée de longue date par EDF, qui exploite les centrales, est une priorité de la politique énergétique. Pour sortir des fossiles et diminuer les émissions de gaz à effet de serre, le pays va devoir produire, au cours des prochaines années, davantage d’électricité bas carbone. En plus du déploiement d’installations solaires et éoliennes et d’efforts en matière d’efficacité et de sobriété, le maintien des capacités installées nucléaires doit faciliter l’atteinte des objectifs climatiques tout en garantissant la sécurité d’approvisionnement en énergie.

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