L’Iran a rejeté, mercredi 25 février, de « gros mensonges » américains, après que Donald Trump l’a accusé de développer des missiles capables de frapper les Etats-Unis et de poursuivre ses « sinistres ambitions nucléaires ». Les Etats-Unis, qui ont multiplié les menaces d’attaque en cas d’échec de la diplomatie, ont déployé un dispositif militaire massif dans la région du Golfe.
Avant de nouveaux pourparlers entre les deux pays prévus jeudi à Genève, sous médiation omanaise, le président américain a toutefois affirmé privilégier la voie diplomatique alors que Téhéran estimait qu’un accord était « à portée de main ».
« Tout ce qu’ils avancent au sujet du programme nucléaire iranien, des missiles balistiques de l’Iran et du nombre de victimes lors des troubles de janvier n’est rien d’autre que la répétition de gros mensonges », a déclaré mercredi sur X le porte-parole du ministère des affaires étrangères iranien, Esmaeil Baghaei.
Quelques heures plus tôt, Donald Trump avait affirmé, lors de son discours de politique générale devant le Congrès, que l’Iran avait « déjà développé des missiles qui peuvent menacer l’Europe et nos bases » militaires et travaillait à concevoir des missiles « qui pourront atteindre bientôt les Etats-Unis ».
Un accord à portée de main, à condition de diplomatie
« Ils (…) poursuivent à l’heure actuelle leurs sinistres ambitions nucléaires », a ajouté le président américain, qui tente d’arracher un accord garantissant notamment que l’Iran ne se dote pas de l’arme atomique. « Ma préférence va à une résolution de ce problème par la diplomatie, mais une chose est sûre : je ne permettrai jamais au principal soutien mondial du terrorisme (…) de se doter d’une arme nucléaire », a-t-il poursuivi.
« Ils veulent conclure un accord, mais nous n’avons pas encore entendu ces mots-clés : “Nous n’aurons jamais l’arme nucléaire” », a-t-il insisté. Abbas Araghchi, avait auparavant affirmé que son pays était « déterminé à parvenir à un accord juste et équitable – dans les plus brefs délais ».
Il a fait état d’une « opportunité historique de conclure un accord sans précédent qui prenne en compte » les intérêts mutuels. « Un accord est à portée de main, mais seulement si la diplomatie est privilégiée », a-t-il ajouté. Téhéran se défend d’ambitions nucléaires militaires, mais insiste sur son droit au nucléaire civil, en vertu du traité de non-prolifération dont il est signataire.
L’Iran et les Etats-Unis, qui ont renoué le dialogue le 6 février à Mascate (Oman), avaient tenu cinq sessions de pourparlers nucléaires l’an dernier, stoppés net par la « guerre de douze jours » déclenchée en juin par une attaque israélienne, durant laquelle Washington avait bombardé des sites nucléaires iraniens.



