Meilleures Actions
Histoires Web mercredi, juillet 17
Bulletin

C’est le premier document judiciaire qui permet de mesurer les charges pesant sur Christian Tein, le chef indépendantiste de la cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), accusé d’avoir fomenté l’insurrection violente qui a éclaté le 13 mai en Nouvelle-Calédonie. A l’issue d’une audience par visioconférence, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Nouméa a décidé, le 3 juillet, de maintenir le mis en examen en détention provisoire dans l’Hexagone – il est placé dans une cellule d’isolement du centre pénitentiaire de Mulhouse-Lutterbach (Haut-Rhin).

Lire aussi | Nouvelle-Calédonie : un dixième mort dans les violences, tué lors d’affrontements avec les forces de l’ordre

Christian Tein contestait son éloignement. « Le retour même momentané du mis en examen en Nouvelle-Calédonie apparaît de nature à créer de graves troubles à l’ordre public », tranche l’arrêt, dont Le Monde a pu prendre connaissance. Ces troubles potentiels ne viendraient pas du camp indépendantiste, selon les juges : « Sa présence ne manquerait pas de raviver un ressentiment conséquent auprès des milliers de victimes qui ont perdu leur emploi, leur entreprise, leur maison brûlée par les émeutiers, ou les familles des personnes qui ont perdu la vie faute d’avoir pu accéder à leur traitement médical en raison des barrages érigés et tenus sur instruction de Christian Tein par les émeutiers. »

Le responsable, qui s’est livré à la gendarmerie le 19 juin, cumule toutes les charges évoquées par le parquet contre les huit autres indépendantistes placés en détention provisoire les 22 et 24 juin : « complicité de meurtre », « vol en bande organisée avec arme », « destruction en bande organisée du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes », « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime » et « d’un délit », « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction de biens ». Ses avocats n’ont toujours pas eu accès au dossier, en cours de cotation au greffe de Nouméa.

« Action méthodiquement organisée »

Les premières exactions, à partir du 12 mai et surtout de la nuit du 13 mai dans le Grand Nouméa, « résultaient d’une action méthodiquement organisée et mise en place par la CCAT, présente à tous les niveaux [avec] des référents de quartiers chargés de canaliser l’action de jeunes issus des quartiers populaires », selon l’accusation.

Pour évoquer les responsabilités de M. Tein, l’arrêt mentionne d’abord des déclarations publiques. Le 24 avril : « Les gens qui sont dans le Grand Nouméa, on ira les chercher. » Ou le 8 mai, lors d’une marche pacifique : les militants « devraient se mettre hors la loi (…), s’attaquer aux banques, aux assurances, aux multinationales », l’indépendantiste ajoutant « avoir déjà acheté [son] cercueil car c’est comme cela que ça va avancer et que pour changer le pays ils ne feront pas de cadeau ».

Il vous reste 44.49% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Share.
© 2024 Mahalsa France. Tous droits réservés.