Depuis plusieurs années, une même accusation revient dans le débat public : les agents publics « feraient de la politique ». Juges « rouges », université « wokiste », audiovisuel public « biaisé », fonctionnaires « militants ».

Les polémiques autour de certaines nominations administratives, les attaques contre des magistrats ou les controverses visant l’université et l’audiovisuel public ne relèvent plus seulement du débat démocratique ordinaire. Leur accumulation participe de l’installation d’un soupçon politique généralisé sur des institutions et conduit à un corsetage croissant de l’expression publique des agents publics, à rebours de ce dont la vitalité de notre débat démocratique a besoin.

Dans une démocratie vivante, l’action publique, ses choix et ses modalités de mise en œuvre font l’objet de débats, d’interrogations et parfois de critiques. Ces échanges sont nécessaires et participent du bon fonctionnement de l’Etat de droit : les agents publics peuvent y contribuer. Mais lorsque ces interrogations se transforment en soupçons, en mises en cause personnelles ou en procès d’intention, elles cessent d’éclairer le débat public et fragilisent les institutions.

Les agents publics exercent leurs missions dans un cadre toujours plus difficile. La pression et les choix budgétaires réduisent, année après année, les moyens disponibles, malgré des besoins stables ou croissants. La logique de l’immédiateté médiatique augmente le sentiment d’urgence et l’attente de résultats rapides. C’est dans un tel contexte que les agents s’efforcent, sans ménager leurs efforts, de répondre au mieux aux demandes de leurs concitoyens et des autorités auxquelles ils répondent.

Ethique professionnelle

Ils ne doivent pas être instrumentalisés par celles et ceux qui veulent déstabiliser ou démanteler notre édifice républicain, en affaiblissant les opérateurs chargés de missions d’intérêt général et en discréditant leurs agents sur des fondements illégaux.

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