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Histoires Web lundi, mars 4
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Des boîtes d’antalgiques, de vitamine C, de pastilles pour la gorge entourent sa tasse de thé. Au bar de l’hôtel où Nora Hamzawi nous a donné rendez-vous, au lendemain de son nouveau spectacle – rodé en province et au Théâtre Lepic, à Paris, avant de s’installer pour trois semaines, en mars, aux Folies Bergère –, la table basse à des allures d’officine. On sourit, tant cet étalage de remèdes résonne avec les confidences entendues sur scène.

A 40 ans, cette humoriste et comédienne, devenue un visage familier et remarqué du stand-up, confesse sa pharmacodépendance avec décontraction. « Les pharmacies sont ma passion », et les antidépresseurs ses meilleurs amis depuis longtemps. Mais elle n’en fait surtout pas un drame, tant elle sait que cet usage est partagé par bon nombre de ses semblables et que le regard sur la santé mentale « a changé depuis le confinement et la série En thérapie ».

Avec son nouveau show, cette ex-chroniqueuse de l’émission « Quotidien », sur TMC, offre à son public une thérapie par le rire, un rire libérateur et non racoleur, comme un hymne à la joie, malgré la fureur du monde qui nous entoure. Le pilulier n’est qu’un des nombreux sujets abordés dans ce stand-up d’une grande franchise. Nora Hamzawi, hétérosexuelle, mère de famille, en couple depuis longtemps, y évoque avec talent à quel point notre époque anxiogène se répercute sur la vie intime et « met le bordel » dans le couple.

Tandis que son « mec » s’ancre dans le réel et les mauvaises nouvelles, Nora Hamzawi rêve d’un « ménestrel », d’un « entertainer » et se dit dans l’urgence de mettre de la gaieté dans la vie, en assumant d’être « irrationnelle ». « Plus je suis inquiète sur l’état du monde, plus je consulte pendant des heures des trucs artificiels, comme des tutos de maquillage », confesse-t-elle. Comme pour se raccrocher à des petits plaisirs futiles afin de compenser les notifications alarmantes sur l’état du monde qui font irruption quotidiennement sur nos smartphones. La stand-upeuse n’évoque ni l’actualité ni la politique, mais parle de son ressenti, de son rapport au monde, de ses névroses avec acuité et un formidable sens de la formule.

Dimension universelle

La fragilité de la libido, les tracas de la vie quotidienne, la peur de vieillir, l’impact du mouvement #metoo sur les rapports amoureux, les angoisses existentielles… Avec son immuable débit de mitraillette, Nora Hamzawi passe en revue la vie comme elle va, malgré un climat chaotique dans lequel il est plus facile de se dire en colère qu’heureux. L’humoriste n’est pas dans la théorisation, mais dans l’incarnation. Son aisance sur scène, sa plume allègre et décomplexée, son aveu d’être tiraillée entre la peur de l’avenir et l’envie de profiter de la vie lui permettent de capter, sans relâche, le public.

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