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C’est le scénario du pire. Des milliers de mineurs et de métallurgistes australiens vivent depuis janvier un cauchemar : face à un marché du nickel en berne, où la Chine et l’Indonésie font la pluie et le beau temps, plusieurs sites vont être mis en sommeil dans l’attente de jours meilleurs, mettant en péril 10 000 emplois, selon une étude de la chambre des minerais et de l’énergie d’Australie-Occidentale.

En Nouvelle-Calédonie, où les trois usines de nickel sont dans une situation critique, une mesure similaire pourrait prochainement toucher Koniambo Nickel SAS (KNS), aussi appelée « usine du Nord », dont la dette faramineuse atteint 13,5 milliards d’euros. Une dette entièrement supportée par Glencore, actionnaire à 49 %, au terme du pacte d’actionnaires qui lie le groupe anglo-suisse à la Société minière du Sud Pacifique, qui représente les intérêts de la province Nord, collectivité aux mains des indépendantistes.

Mercredi 7 février, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, annonçait une aide de 200 millions d’euros sous forme de prêt et de subvention directe à KNS, tout en appelant « Glencore à prendre ses responsabilités ». Jeudi, les plus optimistes envisageaient la signature imminente d’un accord. Toutefois, vendredi, la direction de KNS a pris l’avion pour Nouméa sans aucune garantie sur l’avenir du site. « Malgré toutes les bonnes volontés des parties impliquées dans les négociations, l’avenir de Koniambo Nickel doit s’écrire avec un nouveau partenaire, autre que Glencore, a indiqué au Monde, Alexandre Rousseau, directeur des ressources humaines et de la communication de KNS. Glencore doit prendre ses responsabilités : je suis d’accord, pas celle de continuer à soutenir notre filière, si ce n’est pas dans l’intérêt de sa stratégie de groupe, mais celle de nous accorder la possibilité de trouver un repreneur fiable dans les meilleures conditions. »

Possibles bénéfices juteux

Glencore pourrait en effet décider de cesser le financement, mais sans céder ses parts : ce serait la mise en sommeil pour une durée indéfinie, jusqu’à une reprise des cours du nickel. Car l’usine du Nord est adossée à l’un des tout premiers gisements de nickel au monde, le massif du Koniambo. Or, Glencore, qui affiche un résultat d’exploitation dans sa branche négoce de plus de 3 milliards d’euros pour 2023, n’est pas en recherche de financement. Vendre aujourd’hui serait se priver de possibles bénéfices juteux lorsque les cours de cette industrie cyclique seront repartis à la hausse. D’autant que la production de l’usine est désormais au rendez-vous et que la France a annoncé son intention de faire rentrer le nickel calédonien dans la stratégie européenne d’approvisionnement en métaux critiques pour contrer le rouleau compresseur chinois, notamment sur le marché des batteries pour véhicules électriques.

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