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Histoires Web samedi, mai 18
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Elle était du Nord, lui des Ardennes. Ils se sont rencontrés à Paris au milieu des années 1990 chez Cash Converters, une enseigne australienne « où les clients venaient vendre des objets pour boucler leurs fins de mois ». Il était alors acheteur, tandis qu’elle se partageait entre l’accueil de la boutique et ses études de littérature. Elle n’y est pas restée, lui a continué chez Cash Express, une autre franchise du même acabit. Vingt-cinq ans, une fille adolescente et quelques confinements plus tard, Myriam et Frédéric Bertinet, la petite cinquantaine, ont lancé, en 2022, Mercato, avec Nicolas Laim, un ami d’enfance. Trois magasins parisiens consacrés à l’occasion qui donnent envie d’entrer, de visiter et de s’installer.

Des lieux pensés comme des concept stores et associés à un e-shop actualisé en temps réel. Sur les conseils du studio de création Saint-Lazare, ceux que leurs confrères surnommaient « les frondeurs de la seconde main », parce qu’ils refusaient les lots de fins de série fabriqués à l’autre bout de la planète et résistaient aux sirènes du « Black Friday », ont fait sauter les faux plafonds de l’ancienne boutique Cash Express de l’avenue Simon-Bolivar, dans le 19e arrondissement de Paris, gérée autrefois par Frédéric Bertinet. Ils ont mis au jour les gaines d’aération au plafond et les briques aux murs, aéré l’espace, agencé un bar, chiné des tables et des chaises.

« Saint-Lazare nous répétait : “Restez élégants et bruts” », sourit Myriam Bertinet, qui a dessiné les étagères destinées aux produits de marque. Le résultat : un petit côté loft de Brooklyn, avec des guitares accrochées au mur, dans l’esprit d’un vrai magasin d’instruments de musique spécialisé. Pianiste à ses heures, Frédéric Bertinet y tenait, de la même façon qu’il a voulu présenter des vinyles comme chez son disquaire. La déco de l’espace jeux vidéo reprend les codes d’une chambre d’ado des années 1980 et, dans le coin cuisine, la table est bien dressée.

Envie de proximité

Quinze mois après la pendaison de crémaillère de Mercato, le couple raconte que, le rideau à peine levé, un drôle de ballet se met en place. « Le public est différent chaque jour, s’enthousiasme Frédéric Bertinet, et ce que les clients recherchent est d’une diversité phénoménale. » Les uns viennent flâner et découvrir les nouveautés, d’autres sirotent un rafraîchissement en attendant que la valeur des objets qu’ils comptent déposer soit estimée par un membre de l’équipe. D’autres encore se rendent chez Mercato uniquement pour les concerts mensuels… Car les ex-employés de Cash Converters ont passé leur confinement à rêver d’un lieu où il ne soit pas seulement question de transactions financières autour d’objets de seconde main.

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