Des militants LFI distribuent des tracts à l’une des entrées du marché de Wazemmes, à Lille, le 17 mars 2026.

La scène peut sembler crue, mais elle raconte à sa façon les dernières heures de la campagne des municipales à Lille, la capitale du Nord. On est au marché de Wazemmes, un des quartiers les plus attachants de la ville avec ses bistrots, ses voisins solidaires, ses joyeux mélanges culturels. Trois jeunes filles viennent de prendre un tract électoral, où sourit Lahouaria Addouche, candidate de La France insoumise (LFI), une parfaite inconnue arrivée deuxième au premier tour des municipales à la surprise générale (23,36 %), trois points seulement derrière l’équipe municipale socialiste sortante (26,26 %).

Le trio de jeunes filles avait déjà voté Addouche, le dimanche 15 mars. Et elles s’apprêtent de nouveau à voter pour elle, le 22 mars. « On a le droit d’aller voter deux fois de suite ? », s’inquiète soudain l’une d’elles, en s’excusant de « ne rien connaître aux élections ». Elle est infirmière en Belgique, juste de l’autre côté de la frontière, « parce qu’en France on n’a pas le droit de porter le voile à l’hôpital ». Une autre travaille à son compte dans la coiffure à domicile. « Qui va m’embaucher quand je m’appelle Djamila ? », lance-t-elle. L’injustice, c’est leur mot, qu’elles répètent en refrain.

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